Les Sakuras et les Japonais

Par Hatoko Hojo

 

Les gens qui s’intéressent au Japon me demandent souvent « Quelle est la meilleure saison pour partir au Japon? » Voici ma réponse : chaque saison a ses charmes, certes, mais si vous venez au Japon seulement une fois dans votre vie, je vous conseillerais de choisir la saison des sakuras (les fleurs de cerisier). En effet, le sakura est une fleur spéciale pour les Japonais, et il imprègne profondément la culture, la philosophie et l’esprit japonais.

Le hanami, la fête la plus populaire du printemps

Le hanami  (hana signifie «fleur» et mi signifie «regarder») est la coutume traditionnelle japonaise qui est très populaire au Japon. C’est un pique-nique sous les cerisiers en fleur ; on se ressemble en famille, avec des amis ou des collègues pour apprécier des sakuras en buvant et en mangeant des bento (le panier-repas). Le hanami-dango est une pâtisserie typique pour le hanami. Un proverbe «Hana yori dango» (littéralement, « le dango plutôt que les fleurs») décrit une personne qui mange goulûment sans prêter aucune attention aux sakuras ; cela signifie l’attitude d’une personne qui préfère l’utilité matérielle à la satisfaction immatérielle ou spirituelle. Notez bien que cela a souvent une nuance péjorative. On apprécie les sakuras non seulement sous le soleil, mais aussi pendant la nuit. Le sakura nocturne s’appelle yozakura (yo signifie «la nuit»). Avec les éclairages qui illuminent les fleurs, les yozakura ont une beauté exceptionnellement mystique. Personnellement, je préfère le yozakura, surtout quand il y a peu de gens ; cela vous donnerait l’impression d’être  égaré dans un autre monde

L’histoire de hanami

Le hanami a une longue histoire ;  on dit que l’origine du hanami était la coutume d’apprécier les ume (les fleurs de prunier) parmi la noblesse pendant l’époque de Nara (710-794). Durant l’époque de Heian (794-1185), le sakura est devenu le nouvel objet d’admiration à la place du ume. Depuis cette époque, le mot «hana» signifie souvent les fleurs de cerisier comme dans le mot «hanami». A partir de l’époque d’Edo (1603-1868), le hanami s’est répandu parmi le peuple et jusqu’à aujourd’hui, le hanami est l’une des fêtes préférées des Japonais.

Sakura-zensen

Chaque année, à partir du début mars, les médias commencent à communiquer sur le sakura-zensen (littéralement, « le front des sakuras »). Le sakura-zensen montre une prévision des dates des premières fleurs et des pics de floraisons sur les diverses régions du Japon. Comme le sakura n’est pas épanoui pendant longtemps, on fait très  attention au sakura-zensen pour ne pas rater les meilleurs jours, pour les apprécier et pour bien organiser des hanami. Le front avance du sud au nord, donc si vous traversez l’archipel longitudinalement en suivant le front, vous pourrez profiter des sakuras à peu près deux mois.

Le sakura et les Japonais

Pourquoi les Japonais adorent autant le sakura ? La raison n’est pas seulement sa beauté. En effet, les Japonais sont attirés par la vanité et la fugacité du sakura. Les sakuras sont en fleurs seulement quelques jours et après, ils volent dans le vent en un instant. On appelle le tourbillon des pétales de sakura «sakura-fubuki» (littéralement, «la tempête de sakura»), et on l’admire autant que les sakuras en pleine floraison. Le sakura finit sa vie avec grâce comme s’il n’avait aucun attachement à ce monde, ce que les Japonais considèrent comme idéal pour les hommes.

Le sakura dans les assiettes

Le sakura est un régal non seulement pour les yeux mais aussi pour la bouche. Du chocolat, de la glace, du gâteau, du «frappuccino», du biscuit, le doughnut, des yaourts…Au printemps, vous trouverez beaucoup de nourritures et boissons qui ont un goût de sakura. Mon préféré est le sakura-mochi, une pâtisserie traditionnelle et typique de cette saison. La pâte de haricot rouge est enrobée par la pâte rosée, qui est couverte par une feuille de sakura salée. En fait, il y a deux sortes de sakura-mochi selon le type de pâte rosée: l’une est faite de farine fine de riz gluant, dont la forme est similaire à la crêpe («chomyo-ji»). L’autre est faite de grosse farine de riz gluant et on voit et sent dans la bouche les grains de riz («domyo-ji»). La plupart des gens ont une préférence bien marquée et on appelle ceux qui préfèrent chomyo-ji «cho-myoji-ha» («des partisans du chomyo-ji») et ceux qui préfèrent domyo-ji «domyo-ji-ha» («des partisans du domyo-ji»). Moi, je suis tout à fait domyo-ji-ha, et je me rappelle combien j’étais déçue quand mon père nous a acheté des chomyo-ji (il est chomyo-ji-ha).

Maintenant que le printemps est arrivé, le sakura-mochi (ou domyo-ji, pour être précise) me manque beaucoup, plutôt que le sakura. Et oui, j’avoue que je suis quelqu’une de «hana yori dango».

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hanami

Photos:

https://www.flickr.com/photos/31029865@N06/16153169143

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hanami_Dango.jpg

http://photozou.jp/photo/photo_only/565915/134424418?size=1024#content

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sakura_Zensen.jpg

https://www.flickr.com/photos/picsoflife/8579855336

http://photozou.jp/photo/photo_only/504657/169947285?size=1024#content

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