La Gaïta: Patrimoine culturel et bijou éclatant des Vénézuéliens

Par Sairet ROJAS

Ricardo Aguirre « El Monumental »

Le Vénézuela est un pays riche en ressources naturelles, dans sa gastronomie et dans sa musique, c’est ainsi que  grâce à ses divers genres musicaux tels que la salsa, le tambour et la gaïta sont nés, produits du métissage africain et hispanique que cette terre a connu. À cette occasion, je vous ferai découvrir un bijou de Noël, de la région de Zulia pour le reste du Vénézuela et du monde: la gaïta vénézuélienne. 

C’est un genre musical très particulier parce qu’il apparaît toutes les années à la même époque: fin-septembre, le début des festivités de Noël pour les Vénézuéliens et particulièrement au mois de novembre, à l’occasion des fêtes de la Vierge de la Chiquinquirá, patronne de la région du Zulia au nord-ouest du Venezuela, autour du lac de Maracaibo.

Ses origines et sous-genres

Bien qu’elle soit propre d’une région du pays, la gaïta a conquis facilement l’ensemble de la nation et a acquis un statut important.

Ses origines ne sont pas claires, pour certains historiens, elle est d’origine hispanique et date du début du XIXe siècle, à la suite de chants de protestations populaires, pour d’autres elle aurait une origine religieuse.

On y retrouve cinq sous-genres dénommés selon l’instrument qui la caractérise ou la région d’origine, à savoir: la gaïta de furro ou gaïta urbaine de Maracaibo, la gaïta de Santa Lucia,  la gaïta de tambora, la gaïta perijanera et enfin, la gaïta tamborera (fusion entre la gaïta de tambora y les chants de Saint Benoît). 

Les instruments de base

Cinq  instruments donnent vie à la gaïta traditionnelle, le furro, un tambour à friction, recouvert en sa partie supérieure d’une membrane de cuir sec et vibrant, percée au centre par une tige de bois d’un peu plus d’un centimètre de diamètre et d’environ sept centimètres de longueur.

Le cuatro, petite guitare à quatre cordes, est considéré comme le roi de la musique vénézuélienne.

 La tambora, instrument très semblable aux tambours africains, joué avec des grosses tiges.

Les maracas, instruments de percussion en bois et finalement la charrasca ou guïra, constitué d’un racloir métallique percé de trous avec une poignée, joué avec une fine baguette également métallique. 

Au fil des années la gaïta a évolué, pour être plus attractive auprès des jeunes et rester en vogue, c’est grâce à cela, que des instruments de musique comme les trompettes, le clavier piano électronique, la guitare basse ou encore la batterie se sont progressivement incorporés aux ensembles musicaux.

Les instruments de base

Qu’est-ce que la gaïta représente pour les Vénézuéliens?

Traditionnellement ce genre musical est lié à la dévotion des fêtes pour les saints et les vierges (Saint Benoît, Sainte Lucie, Notre Dame de Chiquinquira, etc), à l’union familiale autour des fêtes de Noël, et à la mélancolie des êtres chers morts, mais il y a aussi un côté joyeux et festif, très typique chez nous, les Vénézuéliens qui est souvent utilisé comme un outil d’expression musicale, de critique et de protestation contre les gouvernements de l’époque, la situation actuelle du pays et les faits particuliers qui ont marqué notre histoire.

La gaïta est chantée dans un groupe (généralement plus de 10 personnes) composé de femmes et d’hommes, dont le refrain est chanté par l’ensemble du groupe. Il est possible qu’il y ait des cas où un chanteur et une chanteuse   alternent pour interpréter les couplets, afin d’obtenir plus de variabilité, ainsi que de beauté et d’agrément dans l’exécution de la gaïta.

Monument à Notre Dame de Chiquinquira, Maracaibo-Vénézuela

Elle représente bien plus qu’une mélodie complexe d’apparition intermittente dans l’année, pour nous Vénézuéliens :  il est normal de nous serrer fort et de chanter ensemble à haute voix, les refrains de chansons comme « Sin rencor » ou « La voy a tocar a pie ».

La gaïta est devenue encore plus importante ces dernières années dans la diaspora vénézuélienne, un exode d’environ 5 millions de compatriotes qui, comme moi, ont dû quitter notre pays et nos familles, pour se réfugier dans d’autres territoires, peut-être un peu plus froids, avec d’autres cultures pour trouver de nouvelles opportunités.

C’est donc, grâce à ce genre musical, que nous nous transportons et faisons notre voyage mental, pour nous sentir à côté de nos proches, pour vivre ces moments de joie autour des fêtes de Noël, pour essayer de réduire notre mélancolie et avoir notre pays très proche, même quand il est si loin.

Sources:

https://orinoco-podcast.com/2012/11/15/la-gaita-zuliana-sur-48fm/

https://es.wikipedia.org/wiki/Gaita_zuliana

http://lagaitadelzulia.blogspot.com/p/historia-y-biografias.html

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