Mexique : Les ‘Voladores de Papantla’ ou ‘Hommes Volants de Papantla’.

Par José Yáñez Reyes

[1] Les ‘Voladores de Papantla’ dansant dans les airs.

Il y a plusieurs années, lorsque je n’étais qu’un petit enfant en vacances avec ma famille, je marchais sur le ‘Malecón’ ou brise-lames de Puerto Vallarta, l’une des destinations touristiques les plus importantes du Mexique. Je me souviens d’un spectacle coloré, dangereux et excitant qui se déroulait dans les hauteurs avec une musique très particulière et qui a immédiatement attiré mon attention et celle de toutes les personnes présentes. Il s’agissait de la danse des ‘Voladores de Papantla’ ou “Hommes Volants de Papantla’, au cours de laquelle un groupe d’hommes courageux se jetaient dans le vide du bout d’un long poteau en représentation d’une cérémonie indigène ayant des siècles de tradition et inscrite sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité de l’UNESCO que vous aurez l’occasion de voir lors de votre visite au Mexique et que j’ai le plaisir de vous présenter ici.

La danse des Voladores de Papantla est un rituel préhispanique associé à la fertilité que les indigènes appartenant à la culture mexicaine ‘Totonaca’ avaient l’habitude d’effectuer chaque année. La danse des Voladores de Papantla, comme son nom l’indique, a son origine à Papantla, Veracruz et c’est l’une des plus représentatives du Mexique. Elle s’effectue dans les hauteurs par cinq hommes courageux en costume voyant, accompagnés de musique de flûte et de tambour.

LA CULTURE TOTONACA

La culture ‘Totonaca’ ou ‘Totonaque’ représente le peuple indigène qui s’est développé dans la région de ‘Totonacapan’ qui est constituée par les États de Veracruz et Puebla. Son emplacement temporel fait référence à l’an 800 après J.C., dans le classique tardif. En Nahuatl, le nom vient de ‘totonacatl’, qui fait référence aux habitants de Totonacapan. On pense également que le terme ‘totonaco’ signifie « homme de la terre chaude ».

Les ‘Totonacas’ ou ‘Totonaques’ étaient polythéistes et ils consacraient une grande partie de leur vie aux cérémonies religieuses.

De nos jours, leurs descendants habitent dans les États mexicains de Veracruz, Puebla et Hidalgo.

L’ORIGINE DU RITUEL

Ce rituel est pratiqué depuis l’époque préhispanique et selon la tradition orale, pendant une période de sécheresse sévère pendant laquelle les cultures ne produisaient pas la nourriture nécessaire pour les habitants. 

Selon cette tradition, l’un du groupe des sages, le plus ancien de la communauté, a envoyé 5 jeunes hommes chastes pour aller dans la végétation et trouver l’arbre le plus grand et le plus droit de la région pour honorer le dieu de la fertilité, Xipe Tótec. La cérémonie a commencé par la recherche de l’arbre. Une fois que l’arbre a été trouvé, une danse a été exécutée accompagnée de prières et de supplications autour de celui-ci, puis il a été emmené au lieu idéal pour son rituel sans toucher le sol, car on croyait que cela porterait malheur aux habitants. Ils ont coupé l’arbre et l’ont laissé lisse et prêt à être enterré dans le sol. Puis, ils ont creusé un trou et y fixé le poteau d’une hauteur comprise entre 18 et 40 mètres. En plus, il se sont assurés de bénir l’endroit avec diverses offrandes.

[2] Les hommes volants se préparant à accomplir le rituel.

Enfin, les hommes ont dansé dans les airs depuis les hauteurs car cela était considéré comme une plus grande proximité avec le divin. On croit que dans les origines de la cérémonie, les danseurs s’habillaient de plumes authentiques et ils représentaient différents oiseaux comme le quetzal, l’aigle, le corbeau, la chouette, entre autres. Comme les pluies étaient présentes grâce à ce rite, on a continué à l’exécuter au long des siècles, surtout au début de la semaille, pour demander une bonne récolte et fertilité.

LA DANSE DES VOLADORES DE PAPANTLA

À travers les années, le rituel a subi des modifications comme le fait qu’aujourd’hui le poteau est en métal et non en bois ou que le rituel se concentre uniquement sur la danse. Il commence avec la formation d’un groupe qui se compose de quatre hommes volants et un ‘caporal’ qui les dirige. Il s’agit d’hommes qui ont suivi  cette tradition mexicaine dès leur plus jeune âge, qui doivent être prêts physiquement, mentalement et spirituellement et par ailleurs respecter un certain temps d’abstinence d’alcool et de relations sexuelles tel que l’exige la tradition originale.

[3] L’homme volant portant le costume typique actuel.

De nos jours, les hommes portent un panache qui ressemble à un nœud de tête d’oiseau, ainsi que des demi-cercles rouges sur la poitrine et les dos, pour imiter les ailes, ce qui représente le vol des oiseaux dans le ciel. Les rubans colorés sur le panache représentent l’arc-en-ciel après la pluie, les petits miroirs ronds représentent les rayons du soleil, les fleurs tissées symbolisent la fertilité de la terre et la couleur rouge représente le sang de ceux qui sont tombés et sont morts dans la danse.

[4] Les 4 hommes volants alignés pendant que le caporal joue la musique.

Ces hommes montent au sommet du poteau et en y arrivant, chaque homme volant se met sur l’un des quatre côtés, représentant les quatre points cardinaux et les quatre éléments. Ensuite, le caporal, représentant le soleil sur la terre, reste debout sur une petite plateforme en dansant et jouant  de la flûte et du tambour. Un peu plus tard, les quatre volants sautent dans le vide, attachés chacun par un pied avec une corde et représentant la chute de la pluie. Les volants dansent au rythme de la musique indiquée par le caporal, puisque chaque son représente un type de mouvement, en même temps qu’ils tournent jusqu’à treize fois, ce qui multiplié par quatre résulte en cinquante-deux, le nombre d’un cycle complet dans le calendrier solaire préhispanique.

Aujourd’hui, la danse des Voladores de Papantla est un spectacle qui se réalise principalement comme un divertissement mais qui vaut réellement la peine d’être vu. Il suffit de regarder le ciel et d’apprécier un spectacle de musique et de mouvements dans l’air, qui suscite beaucoup d’intérêt et d’excitation auprès des spectateurs et qui montre également les valeurs des cultures préhispaniques constituant une partie importante du patrimoine et de l’identité culturelle du Mexique.

Sources:

https://urlz.fr/epQa

https://www.puertovallarta.net/espanol/informacion-general/voladores-de-papantla

https://journals.openedition.org/jsa/14720

https://expansion.mx/economia-insolita/2009/09/30/voladores-de-papantla-patrimonio-global

https://www.mundocuervo.com/esp/blog/2019-03/voladores-de-papantla/

https://www.viajabonito.mx/mexico/origen-voladores-de-papantla/

Photos:

[1] Arnaud Loiseau — Voladores flying, Papantla de Olarte — https://flic.kr/p/8Mz8HZCC BY-NC-ND 2.0

[2] Larry Lamsa — Voladores de Papantla — https://flic.kr/p/a5nfA9CC BY 2.0

[3] Arnaud Loiseau — Voladores (3), Papantla de Olarte — https://flic.kr/p/8Mz9BFCC BY-NC-ND 2.0

[4] Larry Lamsa — Voladores de Papantla — https://flic.kr/p/a5nfQwCC BY 2.0

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