La Parranda : une tradition de Noël portoricaine

La Parranda : une tradition de Noël portoricaine

par Tania Lisa LLAMBELIS

C’était l’hiver dans le Bronx et dehors la neige est tombée comme des pétales de fleurs blanches soufflées doucement par le vent.  Mami était d’une humeur rare, car elle partageait des souvenirs de son enfance dans « L’île du charme», sa patrie des Caraïbes, Porto Rico.  Elle m’a informée que dans les années 1940, le 6 janvier, c’était les Trois Rois qui laissaient des cadeaux pour les enfants, à l’intérieur des boîtes à chaussures qui étaient bordées de foin et cachées sous les lits, pas le Père Noël. Il y avait beaucoup d’aspects de la culture portoricaine que ma mère a transplanté à notre maison à New York qui germait chaque année en Décembre tels que la fabrication de pasteles, (un plat principal composé de pâte de manioc moulue remplie de crevettes, d’amandes, d’olives, de pois chiches et de raisins secs qui est enveloppé dans une feuille de banane et cuit au four), arroz con gandules, (riz jaune assaisonné d’oignons, ail, poivrons et coriandre aux pois de pigeon), et coquito, un lait de poule à base de noix de coco infusé de rhum et de lait condensé sucré.

Image par Elaine Lector

Cependant, j’ai dû me rendre à l’île en tant qu’ adulte pour faire l’expérience de « La Parranda Navideña. »  En décembre 1992, je suis allée à Porto Rico pendant les vacances d’hiver pour rendre visite à un ami de l’Université et à ses parents.  Un soir, après le dîner, tous les plats ont été nettoyés et lavés, comme d’habitude dans notre culture, on s’est fait la bise et nous nous sommes dit bonne nuit.  Deux heures plus tard, des trompettes, des tambours et des voix retentissaient à l’extérieur de la maison. Au milieu de ce nuage de sons, il y a eu une pause et, à l’unanimité, les gens ont crié : « PARRANDA! » La maison était assiégée et ces fêtards de Noël annonçaient l’arrivée d’une fête impromptue. J’allais assister à la version portoricaine des chants du Nativité pour la toute première fois.

image de Latino Music Café

Je m’habille et je descends pour me rapprocher de cette expérience culturelle tandis que des vagues de fierté me submergent et que les trois racines de ma culture se tissent sous mes yeux.  Tandis que les musiciens jouent le « guiro », un instrument de percussion fait à partir d’une calebasse séchée, dans laquelle des lignes horizontales sont sculptées et raclées pour produire du son, je reconnais l’influence des Indiens Taino qui ont habité cette île bien avant les arrivées ultérieures.  Quand je tourne à gauche, il y a des mains puissantes qui battent le rythme rapide sur un tambour à main « pandereta », ce qui me rappelle les Africains qui ont été amenés de force sur cette île pour travailler dans les champs de canne à sucre.  Ensuite, je vois des doigts agiles pincer avec force les dizaines de cordes du « cuatro », un instrument développé ici à Porto Rico, de forme similaire au violon, mais joué comme la guitare, dont nous avons hérité de nos ancêtres espagnols.  Le cuatro est associé aux modeste gens de la campagne, que nous appelons les « jibaros ».  Le mélange de tous ces instruments et des vers chantés est connu comme un « aguinaldo » ou un cadeau, et la parranda est un cadeau itinérant de la musique folklorique portoricaine.

Image deRay Feliciano

Nous offrons des boissons aux musiciens et nous nous joignons à eux alors que la fête continue en s’arrêtant dans toutes les maisons du quartier.  Une femme plus âgée est venue à l’extérieur pour participer aux festivités, elle applaudit en chantant joyeusement, sa couronne de cheveux blancs brille, illuminée par les lumières de Noël à ses fenêtres.  Elle me prend par la main et s’exclame avec une ferveur passionnée : « Je ne pense pas que quiconque célèbre Noël mieux que nous! »

Sources :

https://puertoricoyarari.wordpress.com/tag/parranda/

http://elboricua.com/aguilnados.html

https://aguinaldopr.blogspot.com/2011/10/historia-y-origen-del-aguinaldo.html

https://en.wikipedia.org/wiki/Puerto_Rican_cuatro

http://www.latinomusiccafe.com/2013/12/08/is-asalto-navideno-a-dying-tradi

Le cosmopolitisme de Trinité-et-Tobago

Le cosmopolitisme de Trinité-et-Tobago

par Jamila Jacob

Le pays de Trinité-et-Tobago est un état constitué par deux îles dans la Mer des Caraïbes. La population totale de ces deux îles ne compte plus de 1,5 million, mais l’histoire des habitants, et leurs ascendants, est assez riche et profonde. L’histoire de Trinité-et-Tobago consiste en un collage fabriqué en matériaux de plusieurs types et d’origines variées. Les îles étaient habitées par quasiment tous les groupes ethniques, premièrement avec les indigènes qui occupaient la terre jusqu’à l’invasion exploiteuse de Christophe Colomb et des Espagnols.

Je suis  passionnée par  ce sujet, non seulement car je suis patriote, mais aussi car  je suis fière d’être construite de plusieurs groupes ethniques. Mes racines sont très diverses :  africaines, indigènes, espagnoles et chinoises.

Comme d’autres régions aux Caraïbes, deux groupes principaux, qui s’appellent « Kalinagos» et « Tainos » vivaient sur les îles. Ils ont créé la base de la culture trinidadienne à propos des traditions culinaires, des éléments sociaux comme les noms des endroits (les rues, les villes et les régions) et de la langue (les mots du dialecte trinidadien).

Ensuite, l’arrivée de Christophe Colomb et les Espagnols en 1498 a apporté une forte influence à plusieurs éléments historiques, culturels et « sociopolitiques ». Tandis que la majorité de la population indigène était éliminée à cause des affrontements violents avec les Espagnols, le surmenage, le suicide et les maladies qui ont été répandus par les Espagnols et  leurs animaux ; il y a eu un métissage des deux groupes ethniques pour créer les « mestizos » (européen + indigène).

les Européens et les Indigènes

Cependant, l’occupation espagnole n’a  pas modifié seulement les racines du peuple de Trinité-et-Tobago, mais cela a formé aussi la fondation « sociopolitique » et économique des deux territoires qui sont devenues ensemble un état républicain.

En 1498, Trinité est devenue officiellement une colonie espagnole. Suite à la décimation des indigènes, en Amérique et aux Caraïbes, les Européens devaient trouver une autre source de main-d’œuvre et par conséquent, la traite transatlantique des esclaves a émergé. L’esclavage est un grand phénomène qui a influencé la démographie du pays de manière puissante. Les produits principaux comprenaient le cacao et le coton mais la canne à sucre est devenue le produit premium. Comme la demande de ce produit pour les pays métropolitains augmentait et l’industrie était sur le point d’exploser, l’installation forcée des esclaves africains augmentait aussi. Mais, malgré l’assimilation culturelle forcée, les Africains ont apporté et retenu quelques éléments de culture et tradition à propos de la nourriture, la religion, les arts et la langue créole. 

En 1783, la Couronne espagnole a mis en place le système du décret ou «Cédula» qui a attiré des planteurs français pour implanter des entreprises de la canne à sucre à Trinité. La capitale, Port d’Espagne (Port of Spain), était très active car tout le monde créaient des activités économiques. L’arrivée des Français a ajouté un autre « ingrédient » au mélange de la population multiculturelle des deux îles (Trinité-et-Tobago). Le métissage entre les Français et les Africains a créé des mulâtres ou des «créoles». Également, la présence française a influencé la création de beaucoup de traditions du Carnaval qu’on observe aujourd’hui. Ils étaient essentiels aussi pour former la langue créole de base française, le «patois», celle qui était utilisée par les Africains pour communiquer. Malheureusement, le patois français n’a pas été retenu, mais il y a quelques mots et phrases qu’on utilise toujours.

En 1797, la Trinité a été conquise par la Grande Bretagne et elle est devenue une «Crown Colony» (Tobago est devenue une partie officielle de la colonie Trinité-et-Tobago après un processus d’annexe entre 1883 et 1899). Les Britanniques continuaient avec l’exploitation de la canne à sucre, mais en 1838, l’industrie a changé avec l’abolition de l’esclavage. L’administration a vécu une diminution de la main d’œuvre car, logiquement, la plupart des Africains libres ne voulaient pas travailler sous son nouveau système de «métayage».

Pour essayer de récupérer d’une période de dépression économique, les Britanniques ont cherché des travailleurs parmi d’autres colons caribéens, d’Afrique, d’Inde, de Chine et de Portugal par un plan d’immigration. Ce plan n’a pas réussi sauf avec les Indiens qui se sont installés à grande échelle à partir de 1844, une période qui a marqué le début du système d’apprentissage ou «Indentured Labour». Les Indiens ont contribué à la fondation culturelle de Trinité-et-Tobago avec la religion (l’hindouisme et l’islam), la nourriture, la langue et les arts.

Au début des années 1900, l’industrie du sucre a vécu un décalage qui a catalysé sa fin éventuelle. Cependant, l’expansion de la composition socio-économique et historique continuait. Pendant les années 1930, les Syriens et Libanais, qui étaient en fuite à cause de la persécution religieuse, sont arrivés à Trinité-et-Tobago. Aujourd’hui, ils font un pourcentage minoritaire de la population du pays et la majorité s’occupe des entreprises comme des grands supermarchés et centres commerciaux.

Tandis que la composition ethnique changeait, la structure politique évoluait. En 1946, le suffrage universel a été établi.  En 1962, grâce aux actions des hommes politiques trinidadiens, principalement Dr. Eric Williams, l’Indépendance a été proclamée (Williams est devenu le premier Premier ministre du pays). 

Dr. Eric Willliams. Premier Premier ministre

Quelques années suivantes en 1976, le pays de Trinité-et-Tobago est devenu officiellement une république. Même si la colonisation britannique a est terminée, quelques éléments de cette histoire vivent dans notre structure politique et législative, le système d’école, la langue et l’architecture.

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, nous profitons d’un pays qui est caractérisé par la diversité et la tolérance. Chaque groupe a joué un rôle important pour fonder la culture que nous partageons au à présent.

Malgré la superficie assez petite et une population qui ne compte que de 1,5 millions, l’histoire de Trinité-et-Tobago est assez riche et même aujourd’hui elle continue à évoluer.      

 

 

 

Les sources du  texte

http://www.caribbean-atlas.com/fr/thematiques/vagues-de-colonisation-et-de-controle-de-la-caraibe/vagues-de-colonisation/l-ile-de-trinidad-1498-1962.html

http://www.triniview.com/TnT/Baltic.htm

https://www.natt.gov.tt/sites/default/files/pdfs/The-Rise-and-Fall-of-King-Sugar.pdf

 

Les sources des photos

www.gettyimages.com

www.wikipedia.com

www.looptt.com

www.cnc3.com

Les fêtes de la rue San Sébastien

Par Kiomarys Tavárez

Pour finaliser la période du Noël, les Portoricains font les fêtes de la rue San Sebastián Fiestas de la Calle San Sebastián. C’est un  des événements le plus célèbre de l’île où il y a un défilé, de la musique, de la danse et des artisans locaux. Durant  la troisième fin de semaine de janvier, les rues et bars de la ville de Vieux San Juan sont bondés. Le festival commence le jeudi à midi jusqu’au dimanche soir. Pendant la journée on peut apprécier et acheter les travaux des artisans portoricains et chaque soirée il y a des concerts de différents genres de musique dans toute la ville.

Pour l’ouverture du festival, on fait une  messe le jeudi matin pour honorer le Saint Sebastian. Ensuite, il y a une parade, Comparsa de los Cabezudos, où on recrée des moments  historiques avec les personnes illustres de l’histoire portoricaine. Les festivaliers portent des masques traditionnels , Vejigantes, que les peuples natifs, pendant l’époque où les colonisateurs sont arrivés, utilisaient pour effrayer les pirates ou  lors de leurs rituels religieux.

Au début, le festival a été créé en 1954 par le prêtre Juan Manuel Madrazo. La finalité c’était pour collecter des fonds pour aider la paroisse et pour restructurer la rue San Sebastian. Après le départ du prêtre, les festivals se  sont terminés. En 1970, l’historien Ricardo Alegría a demandé à Rafaela Balladares de Brito de recommencer le festival. Elle est devenue la fondatrice du festival et avec les citoyens de San Juan, ils ont rétabli la tradition.

La Bomba fait aussi partie du festival. C’est une danse portoricaine où les batteurs suivent les mouvements d’un danseur pour créer le rythme de la chanson. Dans toute la ville il y a des spectacles de la Bomba et aussi des Portoricains qui apportent leurs instruments et improvisent dans les rues. De la même manière, il y a une chanson de la Bomba très connue à Porto Rico. Les gens chantent la Bomba et dans une partie de cette chanson quelqu’un doit la finir en chantant quelques vers qui riment.

Porto Rico est très populaire pour sa  Piña Colada, une boisson à base de jus d’ananas, de rhum et de crème de coco, et pendant la période de Noël, le Coquito, une boisson à base de crème de coco, de rhum blanc, de lait en poudre de lait condensé, de cannelle et de vanille. Durant le festival c’est le Papa Jac qui est le plus connu. C’est un cocktail à base de jus de fruit de la passion et de Brandy avec du sucre de canne. Il a été créé par Juan Pablo Rodríguez Darrigrande dans le bar Don Pablo, au Vieux San Juan en 1991. C’est le cocktail officiel du festival. Quand on l’achète, les serveurs vous le donnent dans un verre en plastique pour qu’on  puisse se resservir après en payant la moitié du prix régulier. Chaque année, le verre change de couleur et de dessin. Les verres font toujours référence au festival. Ma famille les collectionne.

Pendant tout le week-end, il n’y a pas d’accès en voiture sauf pour les résidents de la ville. Pour y aller, il y a des buses ou des bateaux qui font des traversées pour aller au festival. Pour les Portoricains, on sent que la fête approche depuis la file d attente du bus ou de bateau car ce ceux  qui amènent leurs propres instrument se mettent à jouer des chansons typiques. C’est une belle expérience qui nous permet de rencontrer d’autres personnes et de partager avec eux car on chante tous ensemble et on peut sentir l’union culturelle.

Pour moi, c’est une belle tradition qui représente la culture portoricaine. On peut trouver tout ce qui caractérise le pays. C’est un événement où pendant la journée on s’amuse avec la famille et le soir on fait la fête avec des amis sans quitter la ville. J’y vais chaque année avec ma famille et mes amis.

Sources

Fiestas de la calle San Sebastián

La historia de Papa Jac

Papa Jac celebra sus 25 años

Angel Xavier Viera-Vargas