Les chats d’Istanbul

Les chats d’Istanbul

par Beril Cekin

Istanbul est une ville très proche de mon cœur, et même si elle est une ville chaotique avec quinze millions d’habitants, je la trouve très charmante. Il s’agit de la capitale culturelle turque ainsi que d’une destination touristique importante de longue date. La ville, auparavant nommée « Constantinople » et préalablement à cela « Byzance », fonctionne tel un pont entre l’Europe et l’Asie qui possède des couches d’histoire et de culture millénaires, des quartiers divers et fascinants ainsi qu’une cuisine exquise.

Ces dernières années, les touristes ont remarqué une autre caractéristique de la vie à Istanbul : la ville est pleine de chats errants. Ces félins peuvent littéralement être vus dans tous les recoins de la métropole. Cet aspect d’Istanbul est souvent mis en avant grâce à la célèbre devise « la ville des chats ». Des articles ont été rédigés par les médias mondiaux, de belles photos ont été partagées, des vidéos du conseil du tourisme ont été préparées. Les comptes Instagram consacrés aux chats d’Istanbul reçoivent des milliers de likes et de followers. Même un film documentaire primé a été produit sur le sujet, qui s’appelle « Kedi ». Le film, qui se concentre sur la relation entre les chats et les habitants d’Istanbul, a été salué par la critique. 

un chat devant la Tour de Léandre

La relation entre les locaux et les chats est vraiment quelque chose de spécial. Les gens organisent des événements pour construire des maisons avec isolation thermique pour les chats afin qu’ils puissent rester au chaud pendant l’hiver, prennent soin d’eux, les nourrissent et  les aident à se faire adopter, font des efforts individuels pour recueillir des fonds…C’est quelque chose qui attire l’attention des étrangers. Dans mon cas, mon ami français, qui a toujours trouvé mon amour pour les chats un peu extrême, a dit qu’il l’avait compris au moment où on a visité Istanbul ensemble.

Il y a même des chats istanbulites célèbres et emblématiques.  L’un d’entre eux s’appelle Tombili, qui signifie “Dodu » en turc. La caractéristique amusante de Tombili est sa façon de s’asseoir. Il est devenu célèbre après qu’un touriste l’a photographié assis sur un trottoir et cette photo est rapidement devenue un mème sur Internet. Après sa mort, la ville a été couverte d’affiches à sa mémoire par les habitants, et une sculpture de Tombili a été construite sur le trottoir où il a été photographié.

La statue de Tombili

Une autre célébrité, Gli, connue comme le chat de Sainte-Sophie, avait son propre compte Instagram. Gli est né à Sainte-Sophie et y a vécu toute sa vie, il était une star des touristes. Il est décédé récemment en raison de son âge avancé. Les gens ont exprimé leur tristesse de sa mort et des peintures ont été réalisées en son honneur.

Gli, le chat de Sainte-Sophie

Ce phénomène peut être retracé dans le passé. L’existence de chats et de chiens errants dans la ville est mentionnée dans de nombreux livres de voyage des voyageurs occidentaux. En fait, à l’époque ottomane, une profession a été créée juste pour nourrir les chats et les chiens vivant dans la rue : les “mancacı”s. Les gens leur achetaient de la nourriture pour chats et chiens ou leur donnaient de l’argent pour qu’ils puissent nourrir les chats et les chiens dans la rue.

Il faut remarquer que, même si les habitants de la ville ont une affinité particulière avec les chats errants, la situation réelle n’est pas telle qu’elle est montrée de cette manière romancée. On peut apercevoir que les chats semblent être en pleine forme et bien soignés dans les quartiers plus riches, mais cela change quand on on va dans certains quartiers plus pauvres que d’autres. Tout d’abord, la durée moyenne de la vie d’un animal errant est estimée entre 3-6 ans. C’est donc évident que leur qualité de vie dans une grande métropole n’est pas très bonne, et surtout sans être stérilisé… De plus, la législation actuelle en matière de protection des animaux est très loin d’être dissuasive car elle n’impose que des amendes monétaires contre des cas de violence animale, qui ne sont même pas d’un montant élevé. Nous attendons depuis longtemps que le Parlement adopte un projet de loi qui criminalise de tels actes.

Ressources:

https://www.geo.fr/voyage/istanbul-les-chats-comme-des-pachas-161297

https://www.theguardian.com/world/2017/dec/28/turkey-where-pampered-cats-are-top-dog

https://www.dw.com/tr/istanbulun-kedileri/g-40009203

Le Lac Ourmia

Par Ehsan KARIMLOU

Le lac Ourmia est le plus grand lac intérieur d’Iran et le deuxième plus grand lac d’eau salée au monde. C’est le parc national qui a été le premier titre de l’actualité et la source du problème écologique dans ma région. Le bassin versant du lac Urmia s’étend sur 51 876 kilomètres carrés, ce qui couvre 3% de la superficie totale de l’Iran. Ce bassin avec des plaines telles que Tabriz, Urmia, Maragheh, Mahabad, Miandoab, Naqadeh, Salmas, Piranshahr, Azarshahr et Oshnoyeh est l’un des centres précieux des activités agricoles et d’élevage en Iran. Le lac Urmia est le plus grand réservoir permanent d’Asie occidentale, situé au nord-ouest du plateau iranien. Je suis très inquiet pour ce lac car il peut affecter ma région et la ville d’où je viens. C’est la raison pour laquelle je veux donner des informations à ce sujet.

 Le parc national du lac Ourmia est l’un des habitats naturels les plus intéressants pour les animaux en Iran. Actuellement, 27 espèces de mammifères, 212 espèces d’oiseaux, 41 espèces de reptiles, 7 espèces d’amphibiens et 26 espèces de poissons sauvages composent le lac. L’eau du lac Ourmia est très salée et la quantité de sel soluble qu’elle contient est le double de celle des océans. Pour cette raison, aucun poisson ou mollusque n’y vit, sauf des espèces de crustacés, et son eau ne gèle jamais.

L’un des invertébrés les plus importants du lac est l’Artemia, qui est une espèce de crevette d’eau salée, est l’une des espèces indigènes du lac Urmia. Cette espèce est la source de nourriture la plus importante pour de nombreux oiseaux aquatiques tels que les flamants roses.

L’eau du lac Ourmia appartient à la catégorie des eaux de chlorure de sodium et la fleur du lac Urmia est une pâte noire et est l’une des fleurs de chlorure qui a des propriétés curatives pour des maladies telles que les rhumatismes et l’arthrite. Le lac Urmia, l’un des habitats naturels les plus importants de la région d’Azerbaïdjan, également très propice aux sports nautiques tels que la natation, la navigation de plaisance et le ski nautique, est sur le point de se tarir.

 Au cours des 20 dernières années, le lac Urmia, connu comme l’un des plus grands lacs hypersalins de la planète, a souffert d’une grave dégradation de l’environnement. En raison du changement climatique et des activités humaines, le lac s’est en grande partie asséché. Les travaux antérieurs sur la catastrophe environnementale en cours se sont concentrés principalement sur le régime hydrique du lac Urmia, les fluctuations du niveau de l’eau, les causes de la crise et les mesures possibles pour restaurer sa richesse. Cependant, il y a eu peu de discussions sur les conséquences socio-économiques qui dominent les moyens de subsistance des villageois touchés par la catastrophe.

 Plus l’eau du lac Urmia est basse et sa superficie est petite, plus sa salinité est élevée. La petite taille de ce lac le rend rouge et orange en raison de l’activité de créatures microscopiques à l’intérieur du lac. Au début du printemps, quand il pleut beaucoup et que la neige fond, beaucoup d’eau douce pénètre dans le lac, donc le sel dans le lac diminue, mais en été, il n’y a plus de cette eau douce et l’augmentation de la température provoque la salinité. Et au fur et à mesure que le lac s’assèche, c’est là que l’activité des bactéries et des algues commence et change la couleur du lac.

 L’organisation de la réhabilitation du lac,  Urmia  propose divers programmes en proposant des solutions telles que la réduction de 40% de la consommation d’eau dans le secteur agricole du bassin versant du lac Urmia, l’approvisionnement en eau à partir de nouvelles sources, l’étude et les mesures logicielles, les mesures de protection et d’atténuation, le contrôle et la réduction des ressources en eau (eaux de surface et souterraines du bassin). Cette organisation a  préconisé  également de faciliter et augmenter le volume d’eau entrant dans le lac grâce à des mesures physiques et structurelles,  ce qui semble  avoir été efficace compte tenu des conditions actuelles du lac.

Selon les dernières informations publiées  le lac d’Ourmia s’est rétabli grâce aux récentes pluies et a atteint un niveau de 1271,89 mètres en 2019. Cependant, de nombreux militants et experts dans le domaine au fil des ans ont exprimé leur frustration face à l’amélioration du lac.              

Heureusement, au début 2020, le niveau du lac est monté. En étudiant l’histoire du lac, le niveau d’eau du lac en 1996 était d’environ 1278 mètres et depuis lors, il y a eu une tendance à la baisse.
 Selon les statistiques, le niveau du lac Urmia en 2020, qui équivaut à 3230 kilomètres carrés de surface et 5,22 milliards de mètres cubes de volume d’eau a augmenté par rapport à 2019.
Ainsi, par rapport au début du projet de sauvegarde du lac Urmia (10 mai 2020),  le niveau du lac a augmenté d’ environ 121 cm, soit 1020 kilomètres carrés de superficie et 3,37 milliards de mètres cubes de volume .

Souces :

https://urlz.fr/epPS

https://iranpress.com/content/29131

https://urlz.fr/epPY

Le bazar de Tabriz

Par Aref Joftkar

La raison pour laquelle j’ai choisi ce sujet c’est que je suis urbaniste et je suis iranien et je suis fier de la culture et de l’architecture iraniennes . J’ai étudié à l’université de Tabriz au nord-ouest de l’Iran et aussi la première fois que je suis entré sur le marché, j’ai été attiré par les odeurs et les couleurs, comme si j’étais dans un nouveau monde. 

Le bazar est un des endroits de la ville qui distingue les villes du Moyen-Orient des autres villes du monde 

 Le bazar de Tabriz est l’un des plus anciens bazars du Moyen-Orient. Il se développe en particulier au XIIIe siècle grâce à l’intense commerce le long de route de la soie. L’ensemble du bazar est progressivement agrandi au cours des siècles, mais il est complètement reconstruit au XVIIIe siècle sous les dynasties Zand et Kadjar. Avec une superficie de 75 hectares, c’est l’un des plus grands bazars couverts du monde. 

 De nombreux personnages célèbres  ont loué la gloire du bazar de Tabriz comme :  Marco Polo qui est était  un marchand Italien , Chalabi ( voyageur de l’Empire ottoman), Yaqout Hamavi ( géographe syrien), Gaspar (  officier français),Alexei Dmitrievich Saltykov ( auteur de voyages en Perse)  , Clavijo ( écrivain, voyageur), Robert Grant Watson (diplomate britannique) et Hamdallah Mustawfi ( historien) Mastoog ( géographe) .  Ce bazar    environ 5 500 chambres, magasins , 40 types d’emplois, 35 maisons, 30 mosquées, 5 salles de bain et 12 écoles  qui sont connus comme les principaux centres commerciaux des habitants de Tabriz et d’Iran. 

 Après le XIIIe siècle, Tabriz était considérée comme la principale base du commerce européen avec les régions du nord de l’Iran; De sorte qu’en 1256, cette ville était responsable de 33% du total des relations commerciales du pays .

 Tabriz était  aussi connue comme le principal centre commercial de l’Iran avec l’Asie centrale

Les Européens ont importé des miroirs, du sucre, du verre, du métal et d’autres produits mécaniques à Tabriz. Les marchands de Tabriz vendaient également des armes de guerre, du tabac, des noix, des peintures, des foulards et de la cire aux marchands européens.

Le bazar de Tabriz n’est pas qu’un lieu d’échanges commerciaux. Il intègre des bâtiments aux destinations diverses, qui mêlent des activités tout aussi diverses.

Le bazar compte quatorze mosquées, dont la plus grande est la Grande mosquée de Tabriz. Le bazar est d’ailleurs un des lieux privilégiés de Tabriz pour les cérémonies religieuses. La plus importante est celle qui se déroule lors de l’achoura, durant laquelle tous les commerçants du bazar ferment leur boutique durant dix jours afin de participer aux festivités.

 Le bazar historique de Tabriz apparaît parmi les bazars comme l’un des ensembles socioculturels et économiques les plus complets. C’est un ensemble physique, économique, social, politique et religieux exceptionnel, qui apporte un témoignage exceptionnel sur une civilisation toujours vivante.

Semblable à de nombreux autres bazars du Moyen-Orient, le bazar de Tabriz était un centre commercial clé pour les minorités religieuses, les Arméniens et les Géorgiens ont une part importante des activités commerciales et effectuant d’importantes transactions avec les marchands d’Europe et d’Asie centrale. 

Le complexe se compose de plusieurs timchehs. Le timcheh  est une part du bazar qui  se compose de plusieurs magasins où les commerçants font du commerce.La partie la plus importante et la plus luxueuse du bazar de Tabriz est le bazar d’Amir, également connu sous le nom de Timcheh Amir, où les boutiques vendent exclusivement de l’or et des bijoux. La section possède le plus grand dôme de tout le bazar.Une autre section importante est le bazar Mozaffarieh, également connu sous le nom de Timcheh Mozaffarieh, pour la vente de tapis persans exquis. La plus belle conception architecturale du complexe appartient à cette section.

D’autres timcheh sont dédiés à la vente d’une variété d’objets d’artisanat, de produits alimentaires et d’articles ménagers.La majorité des timchehs se composent d’immeubles de trois étages, le premier étage servant d’entrepôt, le deuxième étage servant de bureau et le troisième étage servant d’espace de repos.

Outre son statut économique, le bazar de Tabriz a également été une plaque tournante des principaux développements sociaux et politiques de l’histoire iranienne, notamment la révolution constitutionnelle iranienne au début du XXe siècle et la révolution islamique de 1979.

 Ce complexe iconique continue d’influencer les différents espaces , culturels, sociaux, économiques et politiques en Iran et est considéré comme un exemple exceptionnel de l’existence de cultures différentes et un modèle d’interaction  entre différentes couches  sociales.

Source:

 fa.wikipedia.org

Le Café Al-Nafara

Le Café Al-Nafara

Par Batoul AKIL

La ville de Damas, capitale de la Syrie est la plus belle ville du monde parce qu’elle existe depuis plusieurs siècles, et elle est une témoin des cultures et régimes différents au cours des années.
Ça fait sept ans que j’ai quitté ma ville Damas, laissant derrière moi des nombreux souvenirs dont le plus important qui était les promenades avec ma meilleure amie dans le vieux Damas. Cette vieille partie de la ville a son propre charme, en donnant l’impression qu’elle se souvient de tous ceux qui l’ont traversée.
En plus, le vieux Damas a de longues histoires avec des cafés anciens qui sont  datés du XIXe siècle , donc j’ai  passé la plupart de mon temps là-bas, parce que chaque fois que j’y allais, je découvrais un nouvel endroit, tels que les cafés antiques, qui préservent notre héritage à ce jour.

Ces cafés ont été personnalisés en fonction de leurs clients alors, il y a des cafés pour les artisans et d’autres pour les commerçants, mais les plus célèbres sont les cafés qui sont visités par des intellectuels, des artistes et des écrivains.
Le Café Al-Nafara était mon café préféré, il se trouve au cœur du vieux Damas vibrant, et l’un de ces cafés qui attire  par son patrimoine et préserve ses caractéristiques sans changement, ce qui en fait la mémoire de la ville.
De plus, pour atteindre Nafara, vous devez traverser le marché Al Hamidiya, où vous verrez les magasins populaires qui incluent des vêtements, des meubles, des parfums et des bonbons.
Lorsque vous êtes fatigué de marcher dans le marché, vous trouverez un escalier historique à la fin qui mène au café Al Nofara pour vous reposer.
Le café qui a plus de 500 ans, se distingue par sa conception architecturale ottomane  il se compose de la salle intérieure qui comprend 24 tables, chacune accueille quatre personnes, et la salle extérieure qui comprend 12 tables, chacune accueille une seule personne.

La salle extérieure est toujours la préférée des visiteurs pour profiter de sa vue unique sur la mosquée omeyyade historique.
D’ailleurs, l’atmosphère dans ce café a toujours été merveilleuse ce qui m’a aidé à réfléchir et à méditer, car la tranquillité de l’endroit se mêle à de la musique folklorique.

En fait, ce qui est unique dans ce café, c’est la préservation des habitudes anciennes qui inclut le récit des histoires traditionnelles, par une personne spécialisée dans la narration  de récits traditionnels héritée de nos ancêtres.
Chaque soir, ce narrateur est assis sur un siège qui lui est réservé et les gens se rassemblent autour de lui pour écouter ses histoires qu’ils ont toujours entendues de leurs grands-mères quand ils étaient des enfants.

Finalement, les sources historiques recueillent que le nombre de cafés à Damas variait dans le dernier quart du XIXe siècle entre 110 et 120 cafés, mais malheureusement, la plupart de ces cafés n’existent plus car leurs propriétaires ont changé leurs activités commerciales.

J’espère vraiment fréquenter à nouveau ce café et la vieille ville pour éteindre l’envie brûlante dans mon cœur, et je souhaite vraiment que la guerre en Syrie ne détruise pas ces cafés et ces vieux quartiers.

Photos :

https://ar.wikipedia.org/wiki/%D9%85%D9%82%D9%87%D9%89_%D8%A7%D9%84%D9%86%D9%88%D9%81%D8%B1%D8%A9

Un sport qui renforce l’esprit

Par Mohammed BARATI KEZAVEH

Le peuple iranien aime bien pratiquer les divers types de  sport. Il y a à la fois des sports traditionnels et des sports modernes. J’aimerais bien vous présenter un sport traditionnel qui a une racine dans ma culture, en pratiquant ce sport nous exerçons le corps aussi bien que l’esprit. J’ai choisi ce sport car je l’ai hérité de mes grands ancêtres.

Le sport antique est un sport national iranien qui consiste en une série de techniques de culturisme et de gymnastique accompagnée par le rythme du tombak.
De plus, ce sport accorde une grande importance à l’esprit chevaleresque, à la courtoisie et à la bravoure. Les pratiquants de ce sport sont appelés des Pahlavans littéralement « athlètes ». Le sport antique a été conçu à l’origine comme une sorte d’art martial en Perse antique et a joué un grand rôle dans la résistance des Iraniens contre les envahisseurs dans l’histoire. 

Il se pratique une fois par semaine dans une salle spéciale nommée le zourkaneh littéralement « la maison de force » en persan.  Le Zourkaneh ressemble à un petit gymnase et il se présente comme une fosse octogonale d’environ 1m de profondeur. L’octogone marque le passage entre le monde sensible et le monde suprasensible et cette fosse au milieu de laquelle se réalise les mouvements,  rappelle aux Pahlavans l’humilité. Alors les Pahlavans doivent avoir un esprit chevaleresque qui se tourne vers l’abnégation et la générosité, donc plus qu’un sport c’est une pratique spirituelle. 

Les pratiquants entrent en file indienne par une petite porte qui les oblige à incliner la tête devant le portrait d’Ali (le premier imam pour les chiites) qui  est accroché sur le mur et avant de descendre dans l’octogone les Pahlavans font l’ablution pour purifier le corps et l’ esprit.

Pour commencer le Morched « le guide » joue  du tombak et pour donner du courage aux pratiquants, il chante des poèmes du Shâh-Nâme littéralement « le livre des rois ». Les Pahlavans « athlètes » font les exercices de réchauffement et d’endurance collectifs composés de rituels spécifiques. 

Au centre, une personne nommée le Miyandar « le leadeur » guide les pratiquants pendant les exercices collectifs. Pour annoncer le changement de rythme le Morched fait retentir une cloche.

Pour exercer l’équilibre les Pahlavans dansent sur eux-mêmes jusqu’à étourdissement à la manière des Derviches tourneurs. Après avoir fait quelques exercices,  ils pratiquent avec les divers accessoires et tour à tour ils agissent seuls encouragés par les autres.Puis le groupe s’exécute suivant une harmonie de mouvements cadencés. Les accessoires du Zourkaneh sont simples et ils rappellent les armes des combattants du  chah Abbas le grand roi Safavide (1588-1629) . Deux planchettes en bois pour les exercices d’assouplissements, des massues lourdes  en bois , l’arc en fer, chacune de ses armes représente le symbole de la préparation à l’attaque.

 Symbole de la maîtrise d’une force intérieure qui n’attendes pas à des incarnations hindouismes le Zourkaneh livre son message d’exaltation du corps dans le respect du groupe et de la tradition.


Ssources
http://www.izsf.net/fa
https://www.lepoint.fr/sport/en-iran-les-maisons-de-force-font-de-la-resistance-23-03-2018-2204901_26.php
https://fr.wikipedia.org/wiki/Varzesh-e_Pahlavani
https://fr.wikipedia.org/wiki/Zurkhaneh
https://kalavarzesh.com/blog/4490/%D9%88%D8%B1%D8%B2%D8%B4-%D8%B2%D9%88%D8%B1%D8%AE%D8%A7%D9%86%D9%87-%D8%A7%DB%8C-%DA%86%DB%8C%D8%B3%D8%AA%D8%9F/

https://www.youtube.com/watch?v=bkpJz8iwCZY

Persépolis

Persépolis

par Peyman Dehghani

 

Malheureusement, certains voient et jugent l’Iran  d’aujourd’hui et oublient que c’était un pays avec une grande histoire. En tant qu’Iranien en France,  j’ai choisi ce sujet parce que les Iraniens sont toujours fiers du passé de  leur pays et aujourd’hui beaucoup d’ Iraniens souhaitent le retour à ce passé glorieux.

Persépolis ou Takht-e Jamshid « le Trône de Jamshid », était une capitale de l’empire perse achéménide. Le site se trouve dans la plaine de Marvdasht, au pied de la montagne Kuh-e Rahmat, à environ 75 km au nord-est de la ville de Shiraz dans la  province de Fars en Iran.

Image 1 :Persépolis -Takht-e Jamshid

 Sa construction a commencé en 521 avant Jésus-Christ sur ordre de  Darius 1er .Elle fait partie d’un vaste programme de la diversité de l’empire perse achéménide afin d’asseoir la légitimité du pouvoir royal et de montrer la grandeur de son règne.
Persépolis comprend un vaste complexe sur une terrasse monumentale qui supporte de multiples bâtiments.Il y avait beaucoup de palais avec des fonctions administratives ou formelles et de nombreuses résidences également autour de Persépolis   dont nous n’avons plus de trace aujourd’hui.
Il est maintenant certain que Persépolis  avait un rôle administratif et politique central pour le gouvernement de l’empire. De nombreuses archives écrites sur des tablettes d’argile découvertes dans les bâtiments du trésor et les fortifications ont permis d’établir ces rôles et livrent des renseignements précieux sur l’administration impériale achéménide et la construction du complexe. Persépolis  est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.
Le complexe du Persépolis est sur une terrasse de 450m sur 300, et 14 m de haut, qui présente quatre niveaux de 2 m. L’entrée est sur le niveau réservé aux délégations. Les quartiers des nobles sont sur un niveau supérieur. Les quartiers réservés au service et à l’administration sont situés sur le plus bas niveau. Les quartiers royaux sont sur le plus haut niveau, visibles par tous. Le calcaire gris est la pierre la plus utilisée pour la construction. Sur la façade sud, des inscriptions trilingues cunéiformes ont été retrouvées. Ils ont écrit en élamite et il reste un texte  en écriture cunéiforme:

« Moi, Darius le Grand Roi, roi des rois, roi des pays, roi sur cette terre, fils d’Hystapes, l’Achéménide. »

 

Image 2 : Plan de Persépolis

Escalier principal
L’accès à la Terrasse se fait par la façade ouest au moyen d’un escalier monumental symétrique. Chaque escalier comporte 111 marches, larges de 6,9 m, profondes de 31 cm et présentant une déclivité de 10 cm. Les escaliers sont plus bas  et ils autorisent ainsi l’accès aux cavaliers et chevaux. Une autre explication à la faible déclivité est le fait que les visiteurs étaient souvent de hauts personnages et l’accès était plus facile. De plus cela permettait de monter les marches sans avoir à se pencher en avant et ainsi de garder le prestige.

Image 3 : Escalier principal

Le palais
Le palais a un plan carré de 60,5 m. Il comporte 72 colonnes de 20 m de haut dont 13 sont encore debout. Les colonnes ont probablement été érigées au moyen de rampes de terre permettant d’amener puis de positionner les pierres à hauteur. Les rampes ont été  probablement élevées au fur et à mesure de l’avancement des colonnes, puis la terre était évacuée.

Image 4 : Le palais de Darius le Grand à Persépolis

Tripylon
Le Tripylon ou hall d’audience de Xerxès ou Palais central est un petit palais situé au centre de Persépolis accessible au nord par un escalier où montaient principalement des gardes mèdes et perses. L’escalier sud du Tripylon se trouve aujourd’hui  au musée national d’Iran à Téhéran.
 L’image 4 montre : en haut, Darius sur son trône devant Xerxès en prince couronné, était abrité sous un auvent orné de symboles divins, taureaux, lions et glands ainsi que le roi et la prince tenant à la main des feuilles de palme qui sont symboles de fertilité. En bas, nous pouvons voir vingt-huit nations qui les portent.

Image 5 : Détail bas d’un relief du Tripylon

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pers%C3%A9polis

https://fr.wikisource.org/wiki/Vie_d%E2%80%99Alexandre_le_Grand
Dutz et Matheson 1998, p. 73
https://www.youtube.com/watch?v=vZUh8RPOHOA
https://www.kojaro.com/2016/8/6/121016/where-is-takht-e-jamshid/
http://www.iranchamber.com/history/persepolis/persepolis1.php
https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/comment_peut-on_etre_persan_.asp
Yalda : La nuit de la naissance du soleil

Yalda : La nuit de la naissance du soleil

Par Bahareh Ghanizadeh

 

En tant qu’Iranienne, j’ai hérité d’un pays historique. Il  y a de nombreux éléments qui me  relient à cette histoire ancienne. Les fleurs de tapis me rappellent les jardins d’Iran. Les divers carreaux de céramique des monuments qui représentent les différentes époques et  le patrimoine culturel immatériel et les fêtes qui font partie de mon identité.

La nuit de Yalda qui est également appelée la nuit de Tchelleh est une des fêtes ancestrales des Iraniens (1). Cette ancienne fête persique est célébrée le 21 décembre  qui marque la première nuit d’hiver, la plus longue nuit et le jour le plus court de l’année. Le Yalda qui est un mot syriaque fait références à la renaissance ou l’anniversaire du soleil (2) .  C’est l’occasion traditionnelle de nombreux rituels, de cérémonies et de coutumes, et de repas spéciaux partagés avec les proches amis et en famille. Il existe différentes raisons pour lesquelles cette célébration  reste vivante  depuis plus de milliers d’années :

    Image 1 : le paysage d’hiver

 

  •  L’aspect scientifique :

La vie des Iraniens s’intègre toujours au rythme de la nature. Par exemple le début du calendrier persique qui commence à l’équinoxe de printemps est célébré. cette fête  s’appelle Nowruz. Yalda est la nuit du dernier jour d’automne où la course du soleil dans le ciel est la plus courte. Donc, ce jour de l’année est le plus court et a aussi la nuit la plus longue. Ce phénomène s’appelle le solstice d’hiver  (3). Après ce jour le soleil reste plus longtemps dans le ciel. C’est la raison pour laquelle les Iraniens croyaient que ce jour était le jour de la renaissance du soleil et Yalda signifie «naissance».

  •  Les aspects historiques et mythiques :

Selon les Iraniens, le soleil était le symbole de Mithra qui est le dieu de la lumière. Mithra en tant que dieu de la pureté et l’intégrité protège la vérité et combat la nuit qui est le symbole  du mensonge et du maléfice. Donc, Yalda est la naissance de Mithra, en d’autres mots la célébration de la victoire des forces bienfaisantes sur les forces malfaisantes (1,2).   

Mithra est dénommé  Mehr dans l’Avesta, livre sacré des zoroastriens qui était la religion  des Iraniens à cette époque. L’Avesta a été rédigé à l’époque sassanide (de 224 à 651 ap.J.C.(5)). Mehr en persan signifie amitié, réconciliation et unité et le soleil(4). Yalda est la fête familiale et amicale. 

      l'image 2 : le paysage d'hiver 
   Image 2 : le paysage d’hiver 

                                                                                                    

Les coutumes

Des différents groupes ethniques habitent ensemble en Iran. Chaque région a sa propre tradition, mais il y a les coutumes qui sont communes entre eux :

  1.  La soirée et le rassemblement :  Tous les membres de la famille et les amis proches se rassemblent  dès le coucher du soleil chez les gens âgés et les grands-parents. Ils célèbrent   et mangent  jusqu’à l’aube. Le feu qui est un symbole du soleil, est allumé dans certaines régions du pays. Les enfants jouent ensemble toute la nuit ou  écoutent leurs grands-parents qui leur racontent des histoires morales ou  des fables pour eux.
  2.  La table de Yalda:  Dans la plupart des fêtes iraniennes, c’est  sa table traditionnelle qui est symbolique. Sur la table de Yalda se trouvent  des fruits, des fruits secs et des pâtisseries.

  Les fruits qui sont consommés habituellement durant la fête, normalement sont ronds  et à l’intérieur  rouge tel que la pastèque et la grenade.  La couleur rouge de ces fruits est le symbole du soleil. De plus, une pastèque est aussi un fruit d’été, un moment d’énergie solaire et  de chaleur. Les fruits d’hiver comme l’orange, le kaki, la pomme sont mangés pendant cette nuit ainsi que la citrouille et la betterave. Les noix  et les fruits secs comme  les figues et les mûres sont mis sur la table(6).       

 

Image 3 : La table de Yalda

  1.    La narration et la poésie 

              La littérature spécialement la poésie est une partie inséparable de la vie iranienne. Pendant cette nuit-là un membre de la famille qui est habituellement le plus âgé raconte des histoires. Ces histoires contiennent des concepts éthiques, éducatifs et pédagogiques comme les histoires de Shâh-Nâme (le nom d livre rédigé entre 977 et 1010 par Ferdowsi (7)).

    Image 4 : Le Divan de Hafez  (9)       

Image 5 :   Le Shâh-Nâme (10)

               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les poèmes de Hafez (Poète, 1315-1389, Shiraz, Iran(8)) sont indissociables  de cette veillée. Les Iraniens lisent Le Divan de Hafez et ces poèmes sont source  de bonheur et d’espoir pour eux (6).    

Ces traditions se sont transmises d’une génération à l’autre pendant des siècles. Nos ancêtres ont protégé de ces coutumes et l’amour et  de l’amitié pour nous et maintenant, c’est notre responsabilité de transmettre ces notions et ces traditions à notre génération. 

Les références:

 (1) https://receptifsleaders.wordpress.com/2018/11/27/4237/

(2) http://www.teheran.ir/spip.php?article174#gsc.tab=0

(3) https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/astronomie-solstice-hiver-16892/

(4)https://web.archive.org/web/20071231104531/http://www.savepasargad.com/December/
yalda.bonyadmiras.htm

(5)http://antikforever.com/Perse/Sassanides/Sassanides.htm
(6) http://namnak.com/%D8%AA%D8%A7%D8%B1%DB%8C%D8%AE%DA%86%D9%87-%D8%A2%D8%AF%D8%A7%D8%A8-%D8%B1%D8%B3%D9%88%D9%85-%D8%B4%D8%A8-%DB%8C%D9%84%D8%AF%D8%A7.p1    

(7)http://namnak.com/%D8%AA%D8%A7%D8%B1%DB%8C%D8%AE%DA%86%D9%87-%D8%A2%D8%AF%D8%A7%D8%A8-%D8%B1%D8%B3%D9%88%D9%85-%D8%B4%D8%A8-%DB%8C%D9%84%D8%AF%D8%A7.p179

(8)https://www.laculturegenerale.com/shahnameh-ferdowsi-iran/
(9)https://www.cairn.info/revue-philosophique-2012-1-page-61.htm#
(10)
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Divan,_collected_works,_by_Hafez,
_calligraphy_by_Enayatollah_al-Shirazi,_Iran,_late_16th_century_AD,_ink,_watercolour,_gold_on_paper_-_Aga_Khan_Museum_-_Toronto,_Canada_-_DSC06699.jpg
(11) https://fa.wikipedia.org/wiki/%D9%BE%D8%B1%D9%88%D9%86%D8%AF%D9%87:Shahnameh3-1.jpg

 

Pourquoi devons-nous visiter Ispahan ?

Pourquoi devons-nous visiter Ispahan ?

par Babak MOHAMMADI JOBANI

La place Naghsh-e Jahan

Je suis un pur produit iranien exporté dans le sud de la France, c’est mon premier voyage en Europe et en France. Quand je suis arrivé en France, j’ai été très impressionné par la culture et l’architecture française : la beauté des villes françaises m’a étonné. Pour moi, l’idée du blog était comme une révélation, je peux profiter de cette opportunité pour vous présenter l’une des villes d’Iran qui possède une bonne réputation pour sa culture et son identité.

Ispahan ou Isfahan (en persan) est la troisième ville la plus peuplée d’Iran après Téhéran, la capitale d’Iran et Mechhed. C’est une ville mythique qui est située principalement dans le centre d’Iran. Ispahan a été sélectionnée comme capitale d’Iran par de nombreux rois iraniens. Les mesures qui ont été prises par Chah Abbas (le roi Safavide) ont fait d’ Ispahan une véritable vitrine de l’architecture et de l’art iraniens. Maintenant Ispahan a une grande réputation pour ses musées, ses lieux historiques et ses mosquées. Elle est devenue une partie indéniable de l’identité historique des Iraniens.

Ispahan est une ville d’art et d’histoire dans laquelle vous adorerez vous balader. Dans cette cet article, je vais essayer d’illustrer une petite partie de la beauté de cette ville.

Première partie : culture, patrimoines et architecture

Le pont Allahverdi Khan

Le pont Allahverdi Khan aussi appelé pont «aux trente-trois arches» a été construit pendant la période Safavide vers 1608 plus précisément à l’époque de Chah Abbas. C’est l’un des ponts les mieux connus d’Iran. Il offre ainsi une possibilité de promenade à plusieurs niveaux, selon la hauteur de l’eau. Il sert de lieu de passage, mais aussi de barrage pour réguler le cours de la rivière. En le traversant, grâce aux marches qui existent au bas de cette structure, l’eau produit un effet de grandes fontaines. Dans le passé, ce pont a été le lieu de nombreuses célébrations.

Le pont Allahverdi Khan ou les trente-trois arches»

La place Naghsh-e Jahan (“ Image du monde” en français)

Elle est située dans le centre historique de la ville d’Ispahan, elle est aussi l’une des plus grandes places du monde. Elle illustre très bien la vie sociale et culturelle de la Perse pendant la dynastie des Séfévides grâce aux efforts déployés, en 1979, elle a été inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO comme site historique important.
La place possède la forme d’un rectangle avec une surface de près de 89 600 mètres carrés. Sur les quatre côtés de ce rectangle, il existe des structures qui attirent l’attention de tout le monde, elle est entourée par des monuments historiques importants de l’époque safavide : la mosquée du Chah au Sud, le palais Ali Qapu à l’Ouest, la mosquée du Cheikh Lotfallah à l’Est et une des portes du grand bazar d’Ispahan sur le côté Nord.

La place Naghsh-e Jahan-le palais Ali Qapu

Parmi les autres lieux historiques d’Ispahan, je peux souligner le palais de Chehel Sotoun, Menār Jombān et le palais de Hasht Behesht.

L’architecture de Perse :

L’architecture d’Iran est une architecture avec une tradition et un héritage très anciens mais la chute de l’Empire des Perses face à l’invasion des armées islamiques a révolutionné  quelques aspects de l’architecture iranienne, c’est le moment où les Iraniens ont commencé la construction des bâtiments religieux.  Il existe plusieurs formes et éléments dans le style d’ de l’architecture iranienne, mais pour la construction des lieux religieux comme les mosquées, des arts comme la calligraphie, le travail du stuc, le travail des miroirs et le travail de la mosaïque ont été extrêmement mélangés. Le Muqarnas est aussi un élément décoratif en forme de nids d’abeilles qui est réalisé en stuc peint, en bois, en pierre ou en brique, quand vous entrez dans la Mosquée du Chah, la beauté de cet art frappe vos yeux.

L’architecture de Perse-Le Muqarnas

Deuxième partie : l’artisanat d’Ispahan  

Les Iraniens accordent une place très élevée à l’art et aux activités artistiques. L’art en Iran a ses racines dans la culture, les coutumes de ses peuples et leurs sentiments instinctifs. Mais les produits d’artisanat que vous trouvez à Ispahan sont très uniques par rapport aux œuvres d’autres provinces. La ville d’Ispahan est un centre majeur d’artisanat traditionnel iranien depuis la période safavide.  Aujourd’hui, selon l’Office d’aménagement du territoire d’Ispahan, au moins 9000 ateliers et entreprises d’artisanat ou d’arts populaires fonctionnent à Ispahan dont la plupart sont situés sur la place historique « Naghsh-e Jahan ». Le secteur créatif et artistique d’Ispahan comprend le plus haut taux de spécialistes du pays dans plus de 100 domaines différents, notamment le tissage de tapis, la ferronnerie, la menuiserie, la céramique, la peinture et l’incrustation, sous diverses formes. Le tapis persan est très connu dans le monde entier. Ici je vous présente d’autres arts qui sont les éléments essentiels et les manifestations les plus distinguées de la culture et de l’art persans.

Khatam kari

C’est un travail de marqueterie fine et minutieuse. Cette technique consiste à réaliser des motifs, par exemple des formes en étoile.

Khatam kari

Mina Kari

Il est présenté comme une technique créative qui utilise la fusion des minéraux à la couleur et décorer des surfaces métalliques (or, argent et cuivre).

Mina Kari

Sources :

https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2014/12/09/sur-les-ponts-d-ispahan_4537367_4497319.html

http://www.connecting-isfahan.com/fr/page_10126.html

https://shoesyourpath.com/iran-visiter-ispahan-et-ses-merveilles/

https://www.irancultura.it/fr/Cat%C3%A9gorie/artisanat/

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Al%C3%AD_Qapu.jpg

 

 

Le Souk d’Alep/Souk Al-Madina:

Le Souk d’Alep/Souk Al-Madina:

Par Reem HAJ ABDO

Je suis née à Alep, j’y ai habité pendant 27 ans. Dans cette ville j’ai beaucoup de beaux souvenirs partout. Alep est une ville très riche historiquement et elle est connue pour ses grands  différents monuments de notre patrimoine qui datent de différents âges.

Souk Al-Madinah

Alep est également connue pour ses marchés, surtout, le marché ancien d’Alep. Le Souk d’Alep ou Souk Al-Madina (le marché de la ville) est un marché couvert qui est situé dans la vieille ville d’Alep à proximité du château d’Alep. Il est constitué de plusieurs magasins divers, qui sont environ 39 souks et  khans ( une section du souk qui vende le même type de produit) avec une longueur totale d’environ 13 km , et la plupart de ses magasins datent du XIVe siècle, mais il y en a de plus anciens et de plus récents. Ce souk est le plus grand marché couvert du monde.

Au début la construction du Souk d’Alep à la fin de moyen âge, le souk est devenu le marché principal et le plus vivant. Il était également le centre commercial de la Syrie et même de tous les pays à proximité, de Turquie jusqu’en Egypte. Comme Alep a une position très unique, donc, elle était la ville la plus importante du commerce, et l’une des villes les plus importantes de la route de la soie.

Cependant, ce souk n’a pas perdu sa valeur avec le temps. Il reste toujours le plus vivant à Alep et le plus varié où tous les gens à Alep vont soit pour faire les courses, soit pour profiter et manger des glaces, des bonbons, des confiseries, des gâteaux  et beaucoup d’autres délices, ou même pour se promener profiter des paysages de marchandises présentées dans les vitrines ou devant les magasins ou bien pour dîner ou prendre un café dans les restaurants et dans les cafétérias historiques autour du château d’Alep.

Dans ce souk, on peut trouver ce qu’on veut, en  partant des vêtements et chaussures, jusqu’aux bijoux chers et très rares et des antiquités de valeur et en  passant par des tapis et des épices, même de la nourriture, et bien sûr, du savon.

Souk Al-Madinah

Les plus connus des souks et khans de Souk Al-Madina sont: le Khan des Savons, construit au début du XVIe siècle. Il est un des principaux centres de production du savon d’Alep. Le Khan al-Jumrok, c’est le centre commercial des tissus, il est construit en 1574, et il est le plus grand khan dans le souk, il y a 55 magasins. Le souk des épices, qui a été un marché des épices, cependant, plus tard, il est devenu un marché avec 82 magasins de textile et quelques magasins d’épices, mais il a gardé son nom. Le Souq al-Niswan ou le marché des femmes, où se vendent des accessoires, des vêtements et des accessoires de mariage et des lingeries. Le Suweiqa (un petit souk en arabe) qui accueille plusieurs khans et marchés spécialisés dans les produits d’équipement de la maison et de la cuisine. Et beaucoup d’autres khans et souks avec des spécialités différentes.

Khan Al-Shouneh

Un de ces souks et khans que je préfère c’est Khan Al-Shouneh où j’avais l’habitude d’aller avec mes amis plusieurs fois par mois. Le Khan al-Shouneh,construit en 1546 est le souk des produits faits à la main, il accueille aussi les boutiques d’art et d’artisanats traditionnels d’Alep. Comme le Khan Al-Shouneh est situé proche du château d’Alep, il est un souk très touristique et un magnifique endroit pour se reposer après avoir fait le tour du château.

Ce khan est constitué de deux chemins en croix avec des magasins des deux côtés de chaque chemin. Chaque chemin a deux portes qui sont ouvertes à l’Est, à l’Ouest, au Nord, et au Sud. Le plafond du khan est parfaitement décoré par des arcs et des dessins. Tout au long du khan, sur les plafonds et les murs, on trouve des petites ouvertures qui sont bien situées afin d’éclairer et aérer le khan. Au centre de ce khan il y a une place de 750 m2 qui est plein d’arbres et de pots de fleur, ainsi qu’une fontaine au milieu de celle-ci. Le khan a une grande terrasse où on peut voir le panorama d’Alep.

Dans ce khan on peut trouver plus de 49 artisanats comme l’industrie de la fourrure, l’industrie du cuivre, le bambou, la mosaïque, la poterie, le verre et beaucoup d’autres professions exercées par des artisans créatifs dans leurs domaines.

Alep est une ville merveilleuse, avec sa culture , son architecture, avec toute son histoire qui chaque jour continue de s’écrire.

Références:

1- Souk d’Alep, Wikipédia:

https://bit.ly/2zMpdGV

2-   Les marchés d’Alep, Alep site.

https://bit.ly/2E44zFl

3- Le Khan Al-Shouneh, Alep site.

https://bit.ly/2E3i6wU

4- Le Khan Al-Shouneh, Wikipédia:

https://bit.ly/2QzIO6Q

La grande mosquée de Damas (Mosquée des Omeyyades)

par Fahed ALSALMAN

              La Syrie est une terre ancienne d’une riche histoire et qui a toujours été constituée de cultures, d’ethnicités et de religions diverses. Palmyre qui est située  au nord-est de Damas était une ancienne civilisation née au IIe siècle. Damas était un centre culturel et commercial important grâce à sa position géographique au carrefour de l’Orient et de l’Occident, entre l’Afrique et l’Asie. La vieille ville de Damas est considérée comme l’une des plus anciennes villes du monde continuellement habitées. Des fouilles à Tell Ramad, dans les faubourgs de la ville, ont montré que Damas était habitée dès 8.000 à 10.000 ans avant J.-C..

            La Syrie est devenue une terre d’Islam en 640. Damas est devenue la capitale de l’empire Omeyyade  661 à 750. Cette période est symbolisée par la grande mosquée omeyyade de Damas.

Comme je suis syrien,un des habitants de Damas et un archéologue, j’ai le plaisir de vous présenter l’histoire de cette mosquée.

                La mosquée qui a été construite entre 706 et 715 est un édifice religieux musulman édifié par le calife Omeyyade Al-Walīd ibn ʿAbd Al-Malik.

Située au cœur de la ville de Damas,  le site qui accueille la mosquée a été aménagé comme temple voué à Hadad    (le dieu de la tempête et de la pluie dans les religions sémitiques du Nord-Ouest et de l’ancienne Mésopotamie ) puis à Jupiter ( le dieu du ciel et du tonnerre et le roi des dieux dans la religion et la mythologie romaine) avant de devenir une église chrétienne dédiée à saint Jean-Baptiste, puis finalement la grande mosquée,

1.minbar 2.mihrab

               La mosquée est un exemple typique du plan arabe. Elle se composait de: un grand rectangle, de 157 mètres sur 100. Cet espace est divisé en deux parties : une cour (sahn ) (صحن) de 122 × 50 mètres, bordée d’un portique sur trois côtés, et une salle de prière barlongue ( en architecture, un objet ou une construction de forme barlongue se présente en général comme un rectangle assez long et orienté pour former un angle droit avec l’élément principal du projet architectural) de très grandes dimensions divisée en trois nefs(  en architecture, une salle, galerie, hall de plan allongé et de grande hauteur.) parallèles au mur de la qibla ( قبلة ) (en  direction de La Mecque, vers laquelle les Musulmans se tournent pour la prière) Celui-ci comporte quatre mihrabs (محراب) ( dans une mosquée, niche creusée dans le mur indiquant la direction de La Mecque, vers laquelle on se tourne pour prier) ; le mihrab central est magnifié par un transept plus haut et plus large, et un  minbar qui sert à ce que l’imam prêche.

la salle de prière

Il existe trois portes pour accéder à la Mosquée.
Deux sont antiques : Bâb al-Barid est située à l’ouest et Bâb Jayrun est située à l’est. La troisième porte Bâb al-Faradis, “porte du paradis” est localisée au nord et est située à l’emplacement de la porte romaine.Cette porte a été modifiée pendant la construction de la Mosquée. Au sud, la quatrième porte est d’origine pré-islamique. Afin d’obtenir un mur de la qibla plein, cette porte a été murée.

la fontaine à ablutions

     

Une fontaine à ablutions se trouve dans la cour. Un édicule ( un petit édifice construit à l’intérieur d’un grand.) appelé le “dôme du trésor”,( قبة الخزنة ) dans la partie ouest, fait l’objet de discussions de la part d’historiens qui avancent l’idée qu’il servait à conserver l’argent de l’Etat.

dôme du trésor

 

la cour

Trois minarets ( d’où le muezzin appelle les fidèles à la prière) sont érigés sur les tours carrées romaines : deux aux angles du mur de la qibla, le troisième au-dessus de la porte, au milieu de la façade opposée.

Le décor de mosaïques

La mosaïque à fond d’or est une pièce majeure de la grande mosquée de Damas. La mosaïque est visible depuis la cour. Le décor original a disparu au fil des ans. La Mosquée a subi un incendie en 1893. Les restaurations qui ont suivi ont révélé le travail minutieux effectué sur les mosaïques. Ce travail attire le public.

La mosaïque à fond d’or

Pendant la période des Omeyyades, la grande mosquée de Damas servait à étudier, prier et se promener.

La mosquée est encore visible et peut encore être visitée aujourd’hui. La Mosquée constitue un héritage important pour la Syrie…

 

Toutes les photos viennent de Wikimédia et Flickr

Sources

Ministère de la culture

Wikipedia

Unesco

vikidia