Les Amérindiens, peuples autochtones du Canada

Les Amérindiens, peuples autochtones du Canada

Par Isabelle Montgoméry

Le Canada est fier d’être l’un des pays les plus multiculturels du monde, mais une culture qui continue de lutter pour être acceptée est celle des peuples des premières nations. En fait, les Amérindiens vivaient heureux en Amérique du Nord depuis de nombreuses années avant que les empires britanniques et français  aient commencé à coloniser leur terre au XVe siècle. Cette colonisation a été motivée par le désir d’agrandir leurs empires, d’acquérir des ressources de la terre et de gagner du pouvoir. Au début, les peuples autochtones et les empires européens étaient alliés, créant de bons liens commerciaux entre les deux, mais avec la rivalité entre les Britanniques et les Français pour créer l’empire le plus puissant, les colonisateurs ont commencé à opprimer les Autochtones. Premièrement, ils ont isolé les peuples des premières nations sur des terres précises où ils devaient vivre, appelées des réserves.  Ils voulaient contrôler les Autochtones et les convertir en sujets fidèles à la monarchie et la meilleure façon de le faire était à travers la religion. Donc les colonies ont créé des écoles chrétiennes appelées les pensionnats pour les enfants autochtones. Là, ces enfants n’avaient pas le droit de parler leur langue maternelle ou pratiquer d’autres coutumes de leur culture. S’ils désobéissaient à cette interdiction, ils étaient punis d’une manière sévère par des châtiments corporels, des négligences et des abus sexuels. Pour mettre ces écoles en contexte, le dernier pensionnat à être fermé était en 1996. C’est très récent. Mais comment est-il possible que tant de colonisateurs aient pu justifier ce génocide culturel? En fait, c’est grâce au pouvoir du langage. En utilisant un vocabulaire déshumanisant pour faire référence aux peuples natifs, tel que “barbares”, “sauvages” et “les autres”, ils sont montrés comme des êtres qui valent moins que les colonisateurs, ce qui crée un sens de légitimité.

[Photographie d’élèves du pensionnat Fort Albany lisant dans une classe supervisée par une religieuse vers 1945.]

Ce que beaucoup de personnes ne réalisent pas est que le colonialisme a toujours des conséquences négatives sur les Amérindiens dans notre société.  Ces peuples ont eu tant de mal à s’adapter et à s’intégrer à notre culture essentiellement européenne. En fait, ils ont du mal à trouver leur identité car ils sont partagés entre deux cultures. Beaucoup ne s’intègrent pas à leur culture autochtone parce qu’ils n’ont jamais appris leur langue maternelle, alors qu’ils ne s’intègrent pas à la culture européenne en raison du racisme enraciné dans notre société à la suite de la colonisation. Cela  provoque chez les Autochtones une sorte de crise d’identité. Beaucoup sont déprimés et souffrent d’alcoolisme et de toxicomanie. La pauvreté entrave leur capacité à vivre en bonne santé, alors que leurs conditions de vie dans les réserves sont dangereuses et malsaines. En conséquence, le suicide est un gros problème dans la communauté. Ce racisme enraciné dans nos institutions que j’ai mentionné est très présent mais manque de représentation dans les médias. Par exemple, la police est une institution construite pour maintenir l’ordre et à maintenir la sécurité de la population. Cependant, ils ont tendance à rester à l’écart des réserves, car ils les considèrent comme un problème qu’ils ne veulent pas essayer de résoudre.  Les Autochtones restent vulnérables, en particulier les femmes. Les femmes risquent six fois plus que les non-autochtones d’être assassinées, et il y a un surplus de femmes autochtones disparues qui ne sont pas recherchées. De plus, la police laisse des Autochtones mourir de froid dans la neige au lieu de les aider, comme une manière de se débarrasser du problème. Il est clair qu’ils sont plutôt perçus comme des citoyens de deuxième classe que comme des membres de la communauté.

Les Amérindiens commencent à échapper à cette oppression, mais il reste encore beaucoup à faire. Le gouvernement canadien a officiellement présenté ses excuses aux peuples amérindiens et leur a donné une compensation financière telle que l’université gratuite et moins d’impôts. Tout cela semble vraiment génial et utile, mais en réalité, je ne le vois pas comme assez pour les aider. Ils n’ont toujours pas de voix autonome et les gens doivent commencer à écouter leurs besoins. Ce n’était qu’après l’université que j’ai commencé à apprendre les injustices sociales que subissent les Amérindiens et le manque de voix qu’ils ont. En fait, avant ça je n’avais appris que la « découverte du Canada » sous une connotation positive, plutôt que par le génocide culturel de la colonisation. J’ai alors commencé à reconnaître le manque de voix de ces gens. Même avec l’université gratuite, il n’y avait pas un seul Amérindien dans aucun de mes cours universitaires. Même s’il y a tellement de femmes autochtones disparues et assassinées nous n’en entendons pas parler aux nouvelles. J’utilise ma voix aujourd’hui pour vous informer sur les atrocités et les injustices subies par les peuples des Premières Nations et sur l’impact que cela leur inflige aujourd’hui, pour représenter ces personnes qui manquent de représentation et qu’ils utilisent ma voix pour leur bien.

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La Marche des femmes 2018 lève les poings et tient des pancartes pour soutenir les femmes autochtones disparues et assassinées.

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Sources :

https://www.erudit.org/fr/revues/ss/1991-v40-n3-ss3508/706543ar.pdf
https://www.liberation.fr/planete/2016/08/31/autochtones-le-canada-en-quete-de-verite-sur-ses-victimes-oubliees_1475789
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1093456/autochtones-morts-violence-policiere-interventions-policieres-saskatchewan
https://www.theguardian.com/world/2017/oct/06/decades-after-government-seizure-of-children-indigenous-canadians-will-receive-compensation
https://www.theguardian.com/world/2015/jun/06/canada-dark-of-history-residential-schools
https://www.facinghistory.org/stolen-lives-indigenous-peoples-canada-and-indian-residential-schools/chapter-4/punishment-and-abuse
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/723529/pensionnats-autochtones-genocide-culturel-selon-commission-verite-reconciliation

Où le vin coule : Niagara-on-the-Lake

Par Christina HELVADJIAN 

Cette région de l’Ontario est très importante pour moi car quand j’étais une petite fille j’ai toujours pensé que le vin a été produit seulement en France. Comme j’ai grandi, j’ai réalisé que beaucoup de gens étaient pas au courant que le vin était produit au Canada et même que nous avions le sol qui était capable de produire du vin primé donc, je voudrais partager cette information avec les autres aussi.

 

Plusieurs personnes trouvent qu’il est difficile de créer  une relation avec le vin. Cela peut sembler intimidant et difficile car il y a tellement de choses à apprendre. En Amérique du Nord dans une ville qui s’appelle Niagara-on-the-Lake, il existe une communauté de producteurs de vin qui, chaque année,  reçoit la reconnaissance de vin réputé dans le monde et propose une formation  grâce à des circuits dans des vignobles, des séminaires et des festivals annuels.

Niagara-on-the-Lake est une ville canadienne située dans le sud de l’Ontario, où la rivière Niagara rencontre le lac Ontario, dans la région de Niagara de la partie sud de la province de l’Ontario. Niagara est la région de production de raisins et de vins la plus célèbre du Canada avec plus de 40 établissements vinicoles. Chaque producteur doit payer une attention particulière à la fusion des sols pour accueillir le climat tempéré. La région a une des plus longues saisons pour la culture au Canada et contribue à produire les plus beaux raisins en Amérique du Nord pour crée un  vin de la plus haute qualité.

Les caves à Niagara-on-the-Lake détiennent une caractéristique tout à fait unique par rapport aux autres : le terroir. Chaque région a un terroir unique qui est l’ensemble des caractéristiques particulières de la  géographie, la géologie et le climat d’un certain endroit, qui interagissent avec la génétique des plantes. Un spécialiste comme un sommelier peut facilement être capable d’identifier le terroir dans lequel le vin a été produit en raison des caractéristiques géographiques, géologiques et climatiques donc, le goût du vin identifié par l’expert sommelier ou autre connaisseur de vin identifie le vin par les caractéristiques de la région ou ce qui s’appelle le « goût de terroir”.

Source: https://flic.kr/p/d8xkFJ

Il est important de savoir que tous les vignobles de dégustations à Niagara-on-the-Lake offrent des visites instructives et amusantes. C’est un excellent moyen de comprendre comment le vin est fait, comment le coupler avec d’autres aliments et bien sûr, son  goût. Les dégustations de vin sont des expériences éducatives. Les clients pourront visiter le vignoble et marcher dans les rangées de la récolte des saisons. Parfois, les clients pourront également être invités à cueillir quelques raisins et les déguster directement de la vigne. Après avoir visité le vignoble, la prochaine étape est d’explorer les sections où le vin est produit et comment ils sont produits. Ces visites de vignobles peuvent durer d’une après-midi à deux semaines. Les vignobles ouvrent leurs portes au public pour une raison très importante : vendre du vin. Ils rendent  ces visites de vignobles accessibles de sorte qu’à la fin de la tournée chaque invité achète quelque chose.

Source: https://flic.kr/p/9ke4xY

La chose la plus importante à noter à propos de Niagara-On-The-Lake est qu’il détient le climat le plus riche en Ontario permettant aux vignerons de produire et de créer de nouveaux vins primés, année après année. Cette région n’est pas seulement une région de production de vin, mais elle offre également une expérience éducative enrichissante.

 

Le « Potlatch » des premières nations en Colombie Britannique

par  Martina Haakenstad

L’échange joue un rôle majeur dans la vie sociale et économique des communautés autochtones du Canada. Dans le passé, le partage de la richesse à travers plusieurs cérémonies a permis un épanouissement culturel, et aujourd’hui il sert à nouveau à faire éclore certaines communautés des Premières Nations.   Premièrement, le « Potlatch », le « Pow wow », et le « bâton qui parle » sont des cérémonies qui permettaient aux Premières Nations non seulement de distribuer la nourriture et des objets précieux, mais aussi de partager leurs connaissances spirituelles, connaissances considérées aussi importantes que les objets.  Deuxièmement, ces mêmes pratiques assurent actuellement aux Premières Nations une visibilité dans le monde entier avec les Jeux Olympiques, ainsi qu’une croissance économique importante.

            Commençons par le « Potlatch », la base des sociétés qui vivaient sur la côte de la Colombie Britannique.  « Potlatch » veut dire tout simplement « donner ».  Il s’agit d’un festin donné par le chef d’un village qui invite un village voisin à rester quelques jours dans sa propre communauté et à recevoir des cadeaux.  Pendant la cérémonie, le chef, qui est l’hôte, présente l’histoire intime de son village par des totems, des histoires, des danses et des chansons auxquels aurait été attachée une grande valeur. Ces présentations auraient été reçues comme des cadeaux par les invités et auraient représenté une sorte de commerce.  En plus, chaque invité recevait un objet approprié à sa place dans la hiérarchie du village.   Le don des objets dont le village n’avait plus besoin servait comme une espèce d’économie efficace, puisque ces objets pouvaient être donnés et redonnés plusieurs fois entre deux villages en descendant chaque fois l’échelle sociale.  Rien n’était gaspillé car l’objet rejeté par un individu avait de la valeur pour la personne qui l’avait reçu.  Les choses données le plus souvent étaient l’huile (très importante comme assaisonnement du poisson fumé, la nourriture principale du peuple de la côte ouest) et des assiettes. Le fait que le geste était réciproque assurait au chef  du village hôte un retour , à son tour,  de cadeaux pour lui et pour son peuple   De cette façon, la richesse de la connaissance et des choses plus pratiques comme la nourriture, était  distribuée parmi le peuple.

            Ensuite, voyons l’esprit du « Potlatch » dans les Jeux Olympiques de Vancouver.  Les chefs de quatre Nations de Vancouver se sont présentés comme les quatre hôtes des Jeux de 2010.  La fin des jeux à Turin en 2006 a vu les quatre hôtes inviter le monde à leur Potlatch.  Les « Squamish », les « Musqueam », les « Lil’wat » et les « Tsleil-Waututh » ont accueilli le « village » du monde entier à leur cérémonie d’ouverture pour les jeux à Vancouver.  Les exemples de générosité de la part de nos hôtes étaient nombreux.  Pour commencer, ils ont ouvert une centaine de leurs communautés pour la course de la flamme olympique.  Puis ils ont montré quatre de leurs totems qui levaient les bras en geste d’accueil. Cela était suivi par des danses et des chansons d’accueil traditionnelles et donc importantes pour les quatre hôtes.  Une marionnette immense d’un ours typique de la région et considéré sacré par les Premières Nations s’est élevèe sur la glace.  Les trois mascottes des jeux étaient choisies par leur importance profonde dans les cultures des Premières Nations.  Miga, est un ours de mer, ce qui veut dire une combinaison d’ours et d’orque.  Sumi porte une triple identité: oiseau, ours etorque.  , alors que Quatchi, le sasquatch timide, est un géant avec la peau dure comme la pierre.  En montrant leurs objets, danses et chansons traditionnelles, les Premières Nations ont aussi démontré un aspect intime de leur histoire, c’est pourquoi nous devons recevoir ce cadeau de valeur avec tout le respect possible et dans l’esprit du « Potlatch ».

            Pour continuer, regardons une autre tradition qui vient de l’intérieur de la Colombie Britannique, où l’herbe est importante et célébrée dans la cérémonie du « Pow wow ».  Comme le « Potlatch », le « Pow wow » fonctionne comme un événement social où la danse, la chanson, et l’art visuel sont partagés entre diverses communautés.  Ayant vu son début dans la danse de l’herbe  durant les premières années du 19e siècle, le « Pow wow » est devenu, avec la naissance des réserves, une manière de préserver l’identité d’un peuple en passant des objets et des traditions précieuses d’une tribu à une autre, ainsi représentant une espèce d’inter-tribalisme.

            En se préparant pour les Jeux Olympiques de 2010, les Premières Nations ont fait plusieurs « Pow wows » dans la région.  Ces cérémonies continuent aujourd’hui autour de Vancouver.  Ouverte au public, cette expression de la culture en danse attire parfois des centaines de milliers de spectateurs.  La nourriture (plus souvent le saumon fumé) et l’art authentique en vente aident les Premières Nations à améliorer leur condition financière puisque l’argent gagné au « Pow wow » retourne aux communautés et  facilite le développement des activités pour les jeunes.

            La dernière tradition à partager est celle du « bâton qui parle ».  Peut-être le système le plus sain et efficace de la discussion et de la gouvernance qui existe au monde aujourd’hui, cettecoutume permet un échange d’idées entre individus ou entre deux groupes.  Ce bâton voit sa naissance avec la présence des Premières Nations sur la côte de la Colombie Britannique en 9000 avant JC.  Utilisé pour les conciles et les réunions politiques, le bâton organise la discussion et discipline les participants d’une manière paisible.  Seule la personne qui tient le « bâton » a le droit de parler ou de poser une question.  La « plume de réponse » permet à la personne qui la tient de répondre au parleur.  De cette manière l’importance d’écouter est soulignée et l’ordre est préservé.  Le bâton est décoré  de poils et de  fourrure d’animaux qui apportent leur puissance à la réunion.  C’est pourquoi la perspective sacrée de chaque être est honorée par ce processus.  En fait le « bâton » est aussi une technique contemporaine utilisée par les Premières Nations pour enseigner aux enfants, résoudre des conflits ou prendre des décisions.  Il a même trouvé sa place parmi les événements culturels des Jeux Olympiques où il a joué un rôle d’échange entre les diverses cultures représentées.

            Nous avons vu plusieurs formes d’échange qui existent dans les sociétés des Premières Nations, le rôle qu’elles ont joué dans le passé et leur continuation jusqu’au présent.  Cette générosité d’esprit est fêtée partout au Canada, et plus spécifiquement en Colombie Britannique comme un appel aux valeurs importantes pour toutes les nationalités du monde.  Peut-être, avec l’accueil du « Potlatch » et avec la paix du « bâton qui parle », apprendrons-nous à faire cesser les guerres, à jouer ensemble et à respecter chaque culture et la richesse qu’elle possède et partage.