Une tradition toujours suivie : la tradition d’Aşure (Achouré)

par Miné

La journée traditionnelle de l’achouré est une journée célébrée dans les pays du Moyen-Orient et en Anatolie.

C’est une tradition que je suis, car j’aime avant tout préparer le dessert  achouré, un dessert  du même nom préparé durant cette journée. Ce dessert symbolise pour moi l’abondance et la fertilité. Je continue à le préparer en vivant en France et je le distribue, comme la tradition le demande à mes voisins.

Le nom d’achouré est dérivé du mot arabe « ashura » qui est aussi relié au mot hébreu « asor » qui signifie « dixième ».

Ce jour traditionnel, est célébré durant le dixième jour du mois de Muharram dans la foi islamique selon le calendrier Hijri. Un dessert appelé «Aşure» est cuisiné ce jour-là ou pendant le mois de Muharrem.

En Turquie, le mois de Muharram a les significations suivantes  basées sur des versions d’ évènements historiques dont  les plus courantes sont : la commémoration du débarquement du navire du prophète Noé, ou l’acceptation du repentir du prophète Adam après avoir été renvoyé du paradis. La troisième version est le souvenir du  jour où   le prophète Abraham s’est sauvé  du feu et finalement la quatrième est la commémoration du martyre du petit-fils du  prophète Mohammed, Hussein à Karbala.
La croyance adoptée dans la région où je vis et dans ma famille est celle du dixième jour du mois de Muharram, lorsque Noé a préparé ce dessert à bord de son navire avec les derniers ingrédients qu’il avait quand il a accosté près le déluge. Les pratiques autour de la cuisson et de la distribution de cette nourriture au mois de Muharrem selon le calendrier Hijri sont appelées la «tradition ashuré». Les croyants, durant ce jour ne sont pas obligés de préparer ce dessert et le distribuer, car à la  place ils  peuvent préfèrer observer un jour de jeûne.

COMMENT PRÉPARER L’ACHOURÉ ?

Il n’y a pas une recette spécifique de l’achouré. La recette diffère selon les régions. Généralement, il est préparé en faisant bouillir des ingrédients tels que du blé, des haricots blanc, des pois chiches, des abricots et des figues dans de l’eau sucrée. Le plat préparé est décoré avec des ingrédients tels que des noix, des pignons de pin, des amandes, des grenades, des graines de sésame et de la cannelle. On dit traditionnellement qu’il doit être préparé à partir d’au moins 7 ingrédients. Certains disent que cela devrait être fait avec 10 éléments en raison de la signification de son nom. Les Alevis, par contre, utilisent toujours 12 ingrédients pour préparer l’achuré. Il est végan car la recette ne contient aucun produit animal. 

En Turquie, des prières sont récitées lors de la cuisson de l’achouré. Comme nous croyons à son pouvoir de guérir des maladies, il est d’abord distribué aux patients et aux enfants, puis distribué à l’entourage proche et aux  voisins. Le bol d’achouré est rendu sans lavage. S’il en reste en plus, il est versé sous les arbres fruitiers et on pense que ces arbres donneront plus de fruits.

LES TRADITIONS D’ACHOURÉ HORS DE LA TURQUIE

L’achouré, dans de nombreux pays voisins de la Turquie, dans les communautés chrétienne et juive de la région, est préparé  sous des noms différents.

Le plat d’achouré est également présent dans la culture arménienne et grecque. Les Arméniens fabriquaient des « anush-abour » le 6 janvier; Les Grecs distribuent la « koliva », qu’ils préparent avec du blé, des raisins secs et du miel, à la porte de l’église et placent une bougie sur l’assiette d’achouré et la placent au dessus  des tombes.

Dans la culture alévie, un lien est établi entre la cuisson de l’achouré, le jour où Hussein a été tué pendant la bataille de Karbala et le fait que l’achouré ne contient aucun produit animal. Pour les Alevis le fait  de ne pas utiliser des ingrédients issus de produits d’animaux est une façon de montrer leur protestation contre la violence. Les Alévis cuisinent des achourés chaque année au mois de Muharrem pour marquer leur opposition contre la mise à mort et la violence (y compris celle envers les animaux abattus pour se nourrir) en jeûnant pendant 12 jours.

Sources : 

https://www.kulturportali.gov.tr/portal/asure

https://tr.wikipedia.org/wiki/A%C5%9Fure

https://www.haberler.com/asure-gununun-anlami-ve-onemi-en-guzel-asure-13521478-haberi/

Une tradition en voie de disparition en Turquie

Une tradition en voie de disparition en Turquie

Par Busra Karaman

   Le tatouage est le nom générique des signes et des motifs réalisés sur la peau humaine. En d’autres termes, c’est une forme d’art dont les origines sont cachées dans les profondeurs de l’histoire et qui est fondée sur la croyance. Depuis l’Antiquité, les gens considèrent les tatouages comme un moyen de s’exprimer. La plupart du temps, ils apparaissent sous la forme d’une lettre, d’un symbole ou d’un nom.

           La tradition du tatouage est très ancienne. L’histoire des tatouages remonte à l’âge néolithique, certaines personnes étaient passionnées et d’autres n’y voyaient qu’un petit accessoire. Par ailleurs, des tribus considéraient les tatouages comme un signe de noblesse, d’autres comme immoraux.

          Pendant très longtemps en Turquie, le tatouage se trouvait le plus souvent chez les populations marginalisées et faisait largement partie de la culture populaire. Cependant, le tatouage, en tant que tradition très ancienne, se pratique encore dans notre pays, comme dans de nombreuses régions du monde. Aujourd’hui il n’appartient plus à une certaine communauté. Chacun se fait tatouer ce qu’il aime, des souvenirs qu’il ne veut pas oublier ou tout objet qu’il trouve esthétique sans préjugé. 

         Vous pouvez rencontrer très souvent les tatouages traditionnels en Turquie, surtout dans certaines régions. Ils sont plus courants dans la région du sud-est de l’Anatolie. Je suis née dans cette région et j’ai grandi dans une famille conservatrice. Se faire tatouer n’était jamais bien vu. De plus, notre religion nous le déconseille fortement. Malgré tout cela, ma mère de soixante ans, née dans un petit village du sud-est de l’Anatolie et  qui a grandi dans une famille plus conservatrice que la mienne, s’est fait tatouer son visage quand elle était jeune. C’est un sujet qui m’a toujours intéressé et qui m’a poussé à enquêter.

          Le tatouage ¨dek¨ ou ¨dak¨

          Les dessins des tatouages ¨dek ¨ ou ¨dak¨ sont très esthétiques, en outre cet ornement corporel a une signification réelle, chaque motıf étant un symbole à  lui seul. Il ajoute une beauté toute particulière aux femmes. Elles ne pouvaient parler d’elles-mêmes, de la société et de la religion, donc elles s’exprimaient avec ces symboles tels que des fleurs, des étoiles, des peignes et des cœurs. De nombreuses femmes ont des tatouages ¨dek¨ sur les mains, le visage et les pieds, mais également, plus cachés, sur la poitrine, le dos aınsı qu’ à l’aine. Ils reflètent ce que la personne veut dire mais ne peut pas dire. Par exemple, la fleur sur la poitrine est la première lettre du prénom de l’amant, l’image de peignes alignées en rang signifie en fait le rêve d’épouser le chef du village. En outre, il était un indicateur de la famille à laquelle vous apparteniez. C’était donc presque un symbole de classe.

         Le tatouage traditionnel populaire est une décoration permanente à base de matières colorantes, exécutée avec un outil pointu sur n’importe quelle partie du corps, pour des raisons telles que la parure, la protection contre les maux, le talisman etc. Or, la coloratıon du tatouage traditionnel qu’on rencontre en général dans la région du sud-est d’Anatolie et qui s’appelle ¨dek¨ ou ¨dak¨ se fait avec un mélange obtenu en utilisant des bouts de charbon, d’une herbe et de lait maternel. Ce mélange est mis  sous la peau avec des aiguilles  comme parure, protection contre le mauvais œil ou pour l’’abondance ou  talisman.. Cette méthode de tatouage, qui était l’expression de la vie et des désirs des gens, ne suit plus aujourd’hui les pratiques de la tradition.

           Le tatouage qui prévient la mortalité infantile: ¨Ismel bikar¨

           A l’issue de leurs recherches dans les villes de Sanliurfa, de Kilis, de Gaziantep et de Mardin, les chercheurs déclarent que les gens de cette région se tatouent principalement ̈ ismel bikar¨ estimant que cela empêche la mort de leurs enfants. Ce tatouage, réalisé sous la forme de trois points, se retrouve généralement sur les paumes et sur le visage. Si nous avons de la chance, même aujourd’hui, il est possible d’en apercevoir. Hormis ¨ismel bikar¨ , les symboles célestes sont aussi très utilisés. En effet, le soleil symbolise la masculinité et l’abondance, la lune symbolise la féminité et la fertilité.

        Bien que le tatouage traditionnel ait des traces d’anciennes croyances et traditions, il semble avoir perdu son objectif initial à l’époque moderne. La plupart des femmes qui se font tatouer le font pour se parer. Le tatouage traditionnel démontre l’histoire d’une région. Bien que ce soit une tradition en voie disparition, c’est un sujet passionnant qui mérite réflexion.

Les sources

http://www.kulturmafyasi.com/kaybolan-izler-guneydoguda-geleneksel-dovme-ya-da-dek-ve-dak/

http://www.amargidergi.com/yeni/?p=1031

https://www.gazeteduvar.com.tr/etiket/kaybolan-izler-guneydoguda-geleneksel-dovme-ya-da-dek-ve-dak

https://www.mardinlife.com/mezopotamyanin-simgesel-dili-daq–nexs–dovme-haberi-98

Les chats d’Istanbul

Les chats d’Istanbul

par Beril Cekin

Istanbul est une ville très proche de mon cœur, et même si elle est une ville chaotique avec quinze millions d’habitants, je la trouve très charmante. Il s’agit de la capitale culturelle turque ainsi que d’une destination touristique importante de longue date. La ville, auparavant nommée « Constantinople » et préalablement à cela « Byzance », fonctionne tel un pont entre l’Europe et l’Asie qui possède des couches d’histoire et de culture millénaires, des quartiers divers et fascinants ainsi qu’une cuisine exquise.

Ces dernières années, les touristes ont remarqué une autre caractéristique de la vie à Istanbul : la ville est pleine de chats errants. Ces félins peuvent littéralement être vus dans tous les recoins de la métropole. Cet aspect d’Istanbul est souvent mis en avant grâce à la célèbre devise « la ville des chats ». Des articles ont été rédigés par les médias mondiaux, de belles photos ont été partagées, des vidéos du conseil du tourisme ont été préparées. Les comptes Instagram consacrés aux chats d’Istanbul reçoivent des milliers de likes et de followers. Même un film documentaire primé a été produit sur le sujet, qui s’appelle « Kedi ». Le film, qui se concentre sur la relation entre les chats et les habitants d’Istanbul, a été salué par la critique. 

un chat devant la Tour de Léandre

La relation entre les locaux et les chats est vraiment quelque chose de spécial. Les gens organisent des événements pour construire des maisons avec isolation thermique pour les chats afin qu’ils puissent rester au chaud pendant l’hiver, prennent soin d’eux, les nourrissent et  les aident à se faire adopter, font des efforts individuels pour recueillir des fonds…C’est quelque chose qui attire l’attention des étrangers. Dans mon cas, mon ami français, qui a toujours trouvé mon amour pour les chats un peu extrême, a dit qu’il l’avait compris au moment où on a visité Istanbul ensemble.

Il y a même des chats istanbulites célèbres et emblématiques.  L’un d’entre eux s’appelle Tombili, qui signifie “Dodu » en turc. La caractéristique amusante de Tombili est sa façon de s’asseoir. Il est devenu célèbre après qu’un touriste l’a photographié assis sur un trottoir et cette photo est rapidement devenue un mème sur Internet. Après sa mort, la ville a été couverte d’affiches à sa mémoire par les habitants, et une sculpture de Tombili a été construite sur le trottoir où il a été photographié.

La statue de Tombili

Une autre célébrité, Gli, connue comme le chat de Sainte-Sophie, avait son propre compte Instagram. Gli est né à Sainte-Sophie et y a vécu toute sa vie, il était une star des touristes. Il est décédé récemment en raison de son âge avancé. Les gens ont exprimé leur tristesse de sa mort et des peintures ont été réalisées en son honneur.

Gli, le chat de Sainte-Sophie

Ce phénomène peut être retracé dans le passé. L’existence de chats et de chiens errants dans la ville est mentionnée dans de nombreux livres de voyage des voyageurs occidentaux. En fait, à l’époque ottomane, une profession a été créée juste pour nourrir les chats et les chiens vivant dans la rue : les “mancacı”s. Les gens leur achetaient de la nourriture pour chats et chiens ou leur donnaient de l’argent pour qu’ils puissent nourrir les chats et les chiens dans la rue.

Il faut remarquer que, même si les habitants de la ville ont une affinité particulière avec les chats errants, la situation réelle n’est pas telle qu’elle est montrée de cette manière romancée. On peut apercevoir que les chats semblent être en pleine forme et bien soignés dans les quartiers plus riches, mais cela change quand on on va dans certains quartiers plus pauvres que d’autres. Tout d’abord, la durée moyenne de la vie d’un animal errant est estimée entre 3-6 ans. C’est donc évident que leur qualité de vie dans une grande métropole n’est pas très bonne, et surtout sans être stérilisé… De plus, la législation actuelle en matière de protection des animaux est très loin d’être dissuasive car elle n’impose que des amendes monétaires contre des cas de violence animale, qui ne sont même pas d’un montant élevé. Nous attendons depuis longtemps que le Parlement adopte un projet de loi qui criminalise de tels actes.

Ressources:

https://www.geo.fr/voyage/istanbul-les-chats-comme-des-pachas-161297

https://www.theguardian.com/world/2017/dec/28/turkey-where-pampered-cats-are-top-dog

https://www.dw.com/tr/istanbulun-kedileri/g-40009203

Les danses traditionnelles turques

Les danses traditionnelles turques

par Yelda AKBULUT

Du fait de sa position géopolitique, la Turquie a de nombreuses cultures. Il est possible de voir cette richesse dans ses danses traditionnelles. Différentes danses de chaque région nous permettent également d’avoir une idée de la vie locale. Bien que venant d’une vieille tradition folklorique, ces danses suscitent toujours un vif intérêt. Alors que les individus participent à des activités culturelles, ils apprennent également  à agir au sein du groupe et en suivre les règles.
Moi, personnellement, j’adore me trouver dans les endroits bondés où l’on joue des danses folkloriques. Ces types d’événements nous permettent de rencontrer de  nouvelles personnes et partager avec plaisir des moments communs.
Danser avec des gens que je ne connaissais pas auparavant me procure un grand sentiment de partage de leurs douleurs et de leurs joies, chose que l’on ne trouve nulle part ailleurs. L’amour du pays et la nostalgie que nous avons oubliés à cause de la précipitation de la vie sont à nouveau ravivés dans nos âmes grâce à la musique et aux danses folkloriques. Pour moi, le folklore est un facteur qui contribue positivement à l’intégration sociale et améliore notre sentiment d’unité et de solidarité. En tant que Turcs, cela nous rend heureux de voir un grand nombre de personnes participer à ces évènements. Regarder les gens danser lors d’une fête me procure un immense plaisir. Mes émotions grandissent au fur et à mesure, avec le rythme.
Des milliers de danses folkloriques sont jouées dans tout notre pays, provenant souvent d’un passé lointain. Ces danses, la musique et les vêtements traditionnels reflètent les histoires locales. La musique et les mouvements, le rythme, engendrent entre nous une association émotionnelle inimaginable. Nous dansons pour célébrer les mariages, les fiançailles, lors de fêtes religieuses ou autres telles que le départ au service militaire ou les campagnes électorales.Maintenant, je vous invite à un voyage en Turquie à travers quelques échantillons de son folklore.

1. ZEYBEK
Histoire de cette danse  :

 Les « Zeybek » étaient des gens qui voyageaient de plaine en plaine, de montagne en montagne, s’occupaient des  pauvres et avaient une certaine autorité dans la région. Ils gardaient généralement un œil sur les oppresseurs ou les nouveaux riches puis fuyaient vers les montagnes pour échapper à la prison à cause d’un crime qu’ils avaient commis. Ils sont les opposants de l’autorité actuelle. D’autre part ,les « Efe », des sages.  Ils étaient les opposants de l’autorité de l’époque. Les « Efe », d’autre part, étaient les gens qui leur montraient les voies à suivre , les méthodes, enseignaient et résolvaient les différends en fonction de la situation.
Zeybek est dansé en cercle par des hommes habillés de couleurs vives qui tournent dans le sens contraire du soleil. Dans sa version la plus connue, l’ Efe ouvre les bras comme un aigle déploie ses ailes et se penche jusqu’à se toucher les genoux. En fait, Efe à ce moment-là  met en scène sa bravoure et son courage contre l’ennemi. C’est un jeu fréquemment joué en Anatolie occidentale.

2. KARSILAMA (L’Accueil)

L’« accueil », que les gens dansent ensemble se situe dans la région de Marmara, en particulier en Thrace. S’il est joué en groupe, les danseurs masculins et féminins forment deux rangées face à face, mais ne s’accrochent pas l’un à l’autre. Il arrive aussi qu’on tienne des tissus à la main et que les danseurs rebondissent au rythme des tambours, des flûtes et des clarinettes. Ainsi on veut exprimer la bienvenue (l’accueil). 

3.     HALAY

    Halay est une danse traditionnelle très ancienne mais qui est restée néanmoins très populaire. Ce folklore se situe en Anatolie, dans le sud et l’est de la Turquie. Il se joue en groupe aligné. Les danseurs se tiennent côte à côte, par le doigt, la main ou le bras. La première personne mène la danse. Elle tient un tissu coloré à la main et dirige la file. Les danseurs manifestent leur joie en poussant des cris aigus (zılgıt). C’est une danse très rythmée qui s’accélère petit à petit au son des tambours et des cris. Cette danse diffère beaucoup par son style suivant les régions. 

4. HORON

Se danse surtout à l’est de la Mer Noire. Les mouvements saccadés représentent les vagues nerveuses de la Mer Noire. Les danseurs alignés se tiennent fermement par les mains pour ne pas se lâcher. Bras écartés, ils bougent le buste et les épaules. Leurs jambes trépignent frénétiquement. C’est le son du tambour qui domine ainsi que celui du kemençe (sorte de petit violon). C’est un rythme endiablé et entraînant. On utilise parfois aussi la cornemuse turque (mey). Dans la région d’Artvin, la danse est plus rude et implique parfois des coups de pied. La tension des spectateurs monte jusqu’à l’apogée.

5. KASIK (La cuillère)

Elle est dansée par les hommes et par les femmes. On l’appelle ainsi car chaque danseur tient deux cuillères en bois pour scander le rythme (comme des castagnettes). Elle se danse dans de nombreuses régions de notre pays mais surtout en Anatolie centrale.

6. BARAK

Ce sont des danses folkloriques de la région où vivent les Barak Turkmènes, en Anatolie du Sud-Est, chacune contenant des chansons mélancoliques. Lorsque le tambour et la clarinette commencent à jouer, la danse démarre mais se fige un moment sans bouger. Un instant après, la tête du Halay se déplace avec un mouchoir dans les deux mains et commence la danse. Ensuite, le deuxième joueur, puis le troisième, le quatrième et tous les autres danseurs suivent. Cette danse représente en fait une migration, animée comme une caravane.

halay

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Turkish_Folk_Dance_Team.jpg

halay2

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Turkish_Festival_DC_2012_(8045141149).jpg

zeybek2

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Zeybek.jpg

zeybek

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Dursunbey_Barana_ekibi.jpg

horon

https://www.piqsels.com/sv/search?q=G%C3%BCm%C3%BC%C5%9Fhane

horon2

https://lesvacances.wordpress.com/2013/06/06/la-danse-traditionnelle-turque/amp/

https://lepetitjournal.com/istanbul/actualites/folklore-la-decouverte-du-halay-cette-danse-qui-fait-vibrer-la-turquie-entiere-83529

https://ipfs.io/ipfs/Qme2sLfe9ZMdiuWsEtajWMDzx6B7VbjzpSC2VWhtB6GoB

https://kabafii.com/halk-oyunlari-tarihi-ve-cesitleri-2829

C’est Noël ! Pas partout mais c’est une fête…

C’est Noël ! Pas partout mais c’est une fête…

par @AATFTC

On peut dire que Noël est une fête chrétienne qui célèbre la naissance de Jésus Christ. Dans certains  pays majoritairement non-chrétiens les gens peuvent célébrer Noël en tant qu’événement culturel. Un émerveillement pour fêter la fin d’une période et la renaissance d’une nouvelle.Voici un article où  je vais partager mes souvenirs de Noël dans trois différents pays que je connais particulièrement : au Royaume-Uni en Angleterre, en France en Provence, et en Turquie.

Noël en Angleterre

Si dans la plupart des pays, le repas de fête a lieu la nuit de Noël, en Angleterre il a lieu le jour de Noël. Les familles préparent leur dîner de Noël toute la journée. Ils prennent leur dîner un peu tôt : l’après-midi à peu près à 15h00 où beaucoup de personnes regardent le discours de Noël de la reine. C’est une autre tradition depuis 1932 !

Un jour après Noël, on célèbre “le jour des boîtes” (Boxing Day). C’est un jour férié, c’est le jour où on se donne les cadeaux. Mais aussi c’est une journée pendant laquelle on peut faire des achats  de vêtements et d’autres produits soldés.

Gâteau du Noël Anglais

Il y a différents gâteaux de Noël tels que la tartelette de haché (mince pie) et le pudding de Noël. Contrairement à ce qu’on pense souvent, la tartelette de haché ne contient pas la viande haché. C’est une tartelette sucrée avec beaucoup de fruits secs et d’épices spéciales qui sont appelées  “mincemeat” (viande hachée) !

Le pudding de Noël est un gâteau très riche avec encore des fruits secs, mais aussi des différents sorte de noix, d’épices, de la mélasse noire et de  la liqueur ou vin sucré comme le xérès ou le cognac (brandy). On aime l’alcool en Angleterre !       

 Noël en Provence

Une créché santons dans l’abbaye Saint-Victor de Marseille

Il y a beaucoup de traditions particulières de Noël en Provence. Je vais parler de seulement deux : la crèche, les santons et les treize desserts.

La première fois où j’ai vu une crèche avec les santons dans l’abbaye Saint-Victor de Marseille il y a 16 ans, j’en suis tombé amoureux. La crèche avec les santons est une vieille tradition provençale. C’est une représentation d’un village provençal traditionnel. Faits en argile à la main, les santons représentent les villageois provençaux. Individuellement peint, chaque santon est unique. Le nom “santon” vient du nom provençal « santoun » c’est-à-dire “petit saint”. Si vous voulez vous pouvez les collectionner aussi mais faites attention: ils sont chers !

Et maintenant pour ceux qui aiment les desserts : comme  dans beaucoup de fêtes dans les quatre coins du monde, il y a des desserts pour Noël, mais en Provence il y a 13 desserts représentant la Cène avec les 12 apôtres et Jésus. Ce sont les figues sèches pour les Franciscains, les amandes pour les Carmélites, les raisins secs pour les Dominicains, les noix pour les Augustins, les dattes de l’Orient où Jésus est venu, les nougats noirs et blancs, la pompe qui est une galette ronde aplatie à l’huile d’olive, la pâte de coing ou fruits confits, les oreillettes qui sont de petites gaufres légères et fines, les fruits frais ou glacés des oranges, des raisins, et des melons. Traditionnellement, ils sont servis du Noël au 27 Décembre. Mais, qui peut les attendre ?    

Noël ou le non-Noël en Turquie

D’une scène dans une rue en Turquie pendent Noël

Dans ce pays plein de contrastes (seul pays majoritairement musulman et constitutionnellement laïc) et d’histoire chrétienne (plusieurs branches y sont nées), Noël n’est pas célébré formellement en Turquie. Il y a encore des groupes chrétiens en Turquie et ils célèbrent discrètement Noël. Ils représentent moins de 1% de la population.¹ Pour le reste,

cependant, le nouvel an est célébré comme Noël avec sapin décoré, échange de cadeaux, cartes de Noël, guirlandes dans la rue, dîner de fête et dinde farcie, et le père Noël qui s’appelle ici papa Noël (Noel Baba) et qui apporte les cadeaux … le 31 décembre.         

Il y a aussi une croyance que le père Noël vient de Demre, un petit village touristique dans le sud de la Turquie. Il est vrai que dans l’église Saint Nicolas, des archéologues ont trouvé un tombeau.² Certains croient que c’est celui de Saint Nicolas. Alors, qui sait ! Le père Noël serait Turc! J’oubliais de dire que Noël s’écrit Noel sans tréma en turc! J’ai rencontré beaucoup de personnes qui mélangent nouvel et Noël ! Cela m’amuse beaucoup !

 

Références:

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Christianisme_en_Turquie
  2. https://www.nationalgeographic.fr/histoire/cette-eglise-turque-abriterait-le-tombeau-de-saint-nicolas

Turquie : L’oeil Bleu « Nazar Boncugu »

 par Burcin Can Metin 

L’oeil bleu s’appelle « Nazar Boncugu » en turc. C’est une très ancienne croyance. Les racines de cette conviction  remonte jusqu’à Babylone et l’Égypte ancienne. Il a été présent également parmi les écrits Sumériens et Hittites. Selon eux, cette croyance est pour éviter ou pour utiliser ce pouvoir. Selon la croyance ancestrale anatolienne, il est une représentation de l’oeil destiné à chasser les malheurs. Dans la croyance anatolienne, le regard de Nazar est associé à  trop de flatteries. En même temps? il a fini  par prendre la forme de la jalousie. Il a un pouvoir négatif qui se répercute aussi bien sur la personne que sur les biens ou les objets. C’est la raison pour laquelle presque toutes les mamans turques attachent avec une épingle à nourrice le fameux oeil bleu sur les vêtements de leurs bébés.

L’idée est de protéger la maison, le bureau ou la santé. L’amulette, généralement associée à l’expression turque « Masallah », est dessinée sur du verre bleu foncé et peinte en blanc et jaune. L’oeil de verre prend diverses formes, allant du petit objet suspendu aux portes-clés, aux grands tableaux décoratifs, en passant par des formes de pommes de pins et de médaillons qui ornementent les portes des maisons, l’accès de bureaux et les autres lieux de travail. Si vous voulez l’utiliser dans votre maison, vous devriez l’accrocher à l’entrée de la maison, immanquablement tout visiteur va le voir. Si vous voulez l’utiliser comme amulette, le plus commun serait une petite amulette que vous pouvez accrocher à votre sac ou manteau. Vous pouvez également l’utiliser en bracelet, collier et boucles d’oreilles sous diverses formes. Les Turcs estiment qu’avec l’amulette contre le mauvais œil, vous serez protégé. Toutes négativités et mauvaises situations que vous avez à éloigner seront dirigées vers le bonheur. En portant l’amulette « Nazar Boncuk » toute l’énergie négative sera emprisonnée.