Néoconcrétisme et Concrétisme : la relation artistique entre deux villes au Brésil

par Natalia Leal

            Le Néoconcrétisme était un mouvement artistique situé à Rio de Janeiro en contre position au mouvement concrétiste, né à São Paulo. Il a été créé dans la décade de 1950 quand le pays rencontrait une phase exceptionnelle de développement dans tous les domaines: économique, politique et culturel. Le Néoconcrétisme est venu du mouvement concret, par contre, ils avaient de grandes  différences qu’on peut apercevoir pas seulement dans la conception de  l’art, mais dans les couleurs employées dans les tableaux et aussi sur la manière de penser la ville et son quotidien. Les idées, aussi, montrent les ambivalences, différences et caractéristiques propres aux deux grandes et plus célèbres villes au Brésil.

Franz Weissmann

 http://www.roteirobrasilia.com.br/003/00301015.asp?ttCD_CHAVE=68059

 

 Les années 50 étaient également importantes dans le domaine du sport. Le Brésil était le champion de la Coupe du Monde en 1958 et le football a émergé comme le sport national. Cette époque représente également la fin d’une dictature populiste – avec le suicide du Président Getúlio Vargas en 1954 – et le début d’un gouvernement démocratique et ouvert avec l’élection de Juscelino Kubitschek en 1956. Juscelino était le président du changement et du progrès par excellence. Il a déménagé la capitale de Rio de Janeiro à Brasília et a commencé un autre dialogue avec les pays frontaliers. Dans le programme «50 ans en 5», connu comme le «Plano de Metas», Juscelino avait l’objectif de développer le pays le plus vite possible. Le but était :  développer l’industrie de base, construire les routes et  les centrales hydroélectriques, étendre l’extraction de pétrole et faire du Brésil un pays développé et industrialisé. Il a fait naître une toute nouvelle Capitale, un tout nouveau pays et a fait entrer dans l’histoire un des plus grands architectes au Brésil et au Monde, Oscar Niemeyer.

 

 

            Oscar Niemeyer – dessin
http://sitedanoticia.com/canais/gente/?p=90

Niemeyer a créé Brasília et a commencé le design brésilien. La création d’une forme simple, géométrique, ainsi que sensuelle, inspirée par les femmes et la nature brésilienne, a fait de Niemeyer l’homme  qui  a su traduire le vrai esprit architectonique brésilien. L’homme qui a pu visualiser et conceptualiser son temps et son espace. La pensée rationnelle ajoutée aux formes plus gracieuses est une des caractéristiques plus attirantes dans l’art et dans la vision sur l’art pendant la période moderniste brésilienne. Cette vision a influencé les deux mouvements artistiques étudiés dans cet article et beaucoup plus d’autres artistes de ce temps. De toute façon, le travail d’Oscar Niemeyer était tant innovateur qu’il a marqué une génération d’artistes et architectes qui ont travaillé et qui ont construit la facette d’un nouveau Brésil.

            Le Concrétisme et le Néoconcrétisme ont surgi dans cette même période en apportant un peu de ces caractéristiques et en additionnant d’autres. L’art, en tant qu’expression sociale, reflète l’environnement social dans la subjectivité de l’artiste de même que la subjectivité de l’artiste est le reflet de l’environnement social. Les deux mouvements brésiliens sont apparus dans ce contexte et leur histoire est liée directement au panorama politique et culturel du pays.

            Le concrétisme est né à São Paulo en 1950 sous influence des écoles internationales comme Bauhaus, De stjil, constructivisme soviétique, suprématisme et École d’Ulm. Ces groupes ont pensé l’art comme une manière de s’insérer dans la vie des Métropoles en faisant une oeuvre plus proche d’un travail industriel que précisément d’un travail lyrique ou symbolique. Le concrétisme a pris ce concept de l’art et a commencé une intervention dure et rationnelle dans la ville de São Paulo. Ses expositions étaient comme des petites parties d’une usine, avec des couleurs et des formes sombres et dures. Le choix des couleurs n’était pas non plus ouvert : le jaune, le bleu, le rouge, le noir, le blanc et le vert. Sans d’autres options. C’était l’expression d’une ville grise, où il pleut, complètement rationnelle, capitale industrielle, moderne et développée. C’était un art né avec les bâtiments, les usines, la pollution et la modernité.

Lygia Clark – « Bichos »
http://multissenso.blogspot.fr/2009/11/bichos-lygia-clark.html

Le Néoconcrétisme, par contre, né à Rio de Janeiro en 1959, avec la publication du Manifeste Néoconcret par le poète “concret” Ferreira Gullar, rompt avec l’appréhension d’un art toute à faite rationnel et rigide, et commence la réalisation d’un travail artistique “concret”, mais plus doux, avec l’emploi d’une subjectivité qui est inhérent à l’art. Ce mouvement permettait l’addition d’autres couleurs et formes ainsi que de l’imagination de l’artiste. L’art suivait les contours de la ville de Rio, suivait l’intensité des couleurs grâce au soleil. Les artistes n’étaient pas complètement indépendants  pour faire ce qu’ils voulaient, mais la palette de couleurs était plus large. L’art néoconcret avait un contour tout particulier et l’appréhension de la rationalité suivait  une autre voie.

Helio Oiticica – « Metaesquemas »
http://www.jornaljovem.com.br/edicao16/exposicao44.php10:42:46

 

Les deux mouvements avaient  l’énergie de l’époque et, comme temporellement situé,  ils ont eu une durée très réduite. Leurs idées rigides et peu utiles au développement futur  de l’art ont définitivement été abandonnées avec le début d’une autre dictature, cette fois-ci, militaire. Beaucoup d’artistes sont partis en exil et d’autres sont entrés dans le combat contre le gouvernement qui a émergé. Les artistes les plus célèbres aujourd’hui sont ceux du néoconcrétisme, comme : Lygia Clark, Lygia Pape, Hélio Oiticica, Franz Weissmann et Ferreira Gullar, ce dernier vivant jusqu’à aujourd’hui. Relégué par l’histoire, le mouvement néoconcret a eu son espace et son importance; il a mis en place les arts brésiliens dans le marché artistique international. Il a fait connaître les artistes, la pensée et, plus important, d’une manière complètement différente de ce que tout le monde attendait à savoir: tropicale, exotique et folklorique. Néanmoins, il a montré un art tout à fait tropical, mais puissant, bouleversant et d’avant-garde.

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